Le cap Fréhel voit passer un million de visiteurs chaque année. La région cherche à protéger ce site sensible.
Le cap Fréhel voit passer un million de visiteurs chaque année. La région cherche à protéger ce site sensible. — M. Medina / AFP

TOURISME

Cap Fréhel, Saint-Malo, pointe du Raz, Quiberon… La Bretagne protège ses bijoux face à l’afflux de touristes

Une dizaine de sites très fréquentés vont être surveillés attentivement...

  • Une dizaine des sites bretons très fréquentés des touristes seront surveillés par la région.
  • Les caps Fréhel et d'Erquy, la pointe du Groin, le golfe du Morbihan ou encore Quiberon vont être aménagés pour mieux accueillir les visiteurs.
  • Certains sites saturent, notamment en été lors des pics de fréquentation.

Vous pensiez que la Bretagne ne se visitait que l’été ? Détrompez-vous. A l’approche des fêtes, la région se place sur le podium des destinations les plus prisées pour le Nouvel an selon le site WeekendDesk. Comme à chaque vacance scolaire, le littoral va voir déferler des dizaines de milliers de visiteurs en quête de paysages sauvages. Sauvages, ils seront. Fragiles, ils demeurent. Pour protéger ses bijoux, la région a identifié une dizaine de sites hyper fréquentés à protéger, comme le cap Fréhel, Quiberon, la pointe du Groin ou encore le golfe du Morbihan.

« On a trois ou quatre sites qui saturent »

« On veut mieux gérer les flux afin d’éviter que tout le monde n’aille au même moment sur la même pointe. Ces sites sont fragiles », résume Jessica Viscart, du comité régional du tourisme. La Bretagne espère ainsi réduire l’hyper fréquentation de ses trésors, notamment aux alentours du 15 août. « On a trois ou quatre sites qui saturent à cette période. Mais on est encore loin des problématiques de Venise, Dubrovnik ou Barcelone », décrypte la spécialiste du tourisme.

Seule région française parmi les 100 destinations les plus vertes du monde selon l’association Green Destinations, la Bretagne veut rester « durable », malgré ses neuf millions de touristes annuels. « On ne cherche pas à augmenter le nombre de visiteurs mais plutôt à optimiser les retombées économiques », résume la vice-présidente du conseil régional Anne Gallo. Faudra-t-il limiter la fréquentation de certains sites bondés ? « On n’en est pas là », répond l’élue. Pour autant, aucune promotion des îles bretonnes n’est réalisée pendant l’été afin de les préserver.

Pour se protéger, certains sites tentent d’obtenir le label national « Grand site de France » réservé aux environnements fragiles surfréquentés. La pointe du Raz l’a déjà, le site de Gâvres-Quiberon l’aura bientôt et les caps Fréhel et d’Erquy peaufinent leur dossier. « L’objectif, c’est de créer un projet de territoire pour mieux protéger nos sites », résume Marion Meffre, animatrice nature aux caps d’Erquy et Fréhel.

Sept minutes et puis s’en va

A eux deux, les sites naturels drainent chaque année 1,6 million de visiteurs. Avec un constat édifiant. Au cap Fréhel, les enquêtes montrent que les visiteurs restent en moyenne sept minutes. Le temps de garer la voiture, de claquer une photo, de la poster sur Instagram et de repartir. « C’est rageant car ils passent à côté du site », regrette l’animatrice nature.

Pour préserver le site, les collectivités ont décidé de supprimer le parking le plus proche de la pointe et de « camoufler » l’aire de stationnement aménagée un peu plus loin. Des sentiers ont également été balisés à partir d’autres parkings afin de « disperser les visiteurs » sur les 400 hectares de landes.

« Pas mettre le site sous cloche »

Un muret en pierres a été édifié et des fils tendus au bord des chemins pour empêcher les visiteurs de marcher n’importe où. « On ne veut pas mettre le site sous cloche, simplement mieux accueillir les visiteurs et protéger nos espaces », conclut Marion Meffre. L’obtention du label Grand site de France pourrait intervenir en fin d’année prochaine.