Brésil: Le président Bolsonaro veut exploiter les ressources d'une réserve indigène

ENVIRONNEMENT La réserve Raposa Serra do Sol, où vivent 17.000 autochtones, renferme d’importants gisements de minerais…

20 Minutes avec agences

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Jair Bolsonaro, le 20 novembre 2018.
Jair Bolsonaro, le 20 novembre 2018. — Eraldo Peres/AP/SIPA

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a annoncé son intention d’exploiter les ressources naturelles d’une gigantesque réserve indigène dans l’ Amazonie, à la frontière du Venezuela et de la Guyane.

Lors d’une cérémonie d’inauguration à Rio ce lundi, il a ainsi évoqué le potentiel de la réserve Raposa Serra do Sol, dans l’État de Roraima (nord). « C’est la région la plus riche du monde. Il y a moyen d’exploiter de manière rationnelle. Et du côté des indigènes, de leur verser des redevances et de les intégrer à la société » a déclaré le président brésilien.

D’importants gisements de minerais

La Raposa Serra do Sol, délimitée en 2005, s’étend sur 17.000 km². Quelque 17.000 autochtones vivent sur ce territoire qui renferme d’importants gisements de minerais comme le niobium, un métal léger utilisé dans la sidérurgie et l’aéronautique, et la deuxième plus grande réserve d’uranium au monde. Cette zone abrite également d’abondantes réserves d’or, d’étain, de cuivre et de diamants.

Pendant sa campagne et peu après avoir gagné l’élection présidentielle en octobre dernier, Jair Bolsonaro avait déclaré qu’il reverrait la carte des réserves indigènes, les jugeant « surdimensionnées ».

Bientôt des centrales hydroélectriques en Amazonie ?

« L’indigène ne peut pas rester confiné dans une zone délimitée comme s’il s’agissait d’un animal dans un zoo », estimait l’ancien militaire dans un entretien il y a quelques mois. Ces personnes sont des « êtres humains comme nous, qui veulent évoluer, avoir l’électricité, un médecin, un dentiste, internet, jouer au football ».

Le président élu, qui a remis en question la participation de son pays à l’accord de Paris sur le changement climatique, a également évoqué la possibilité de reprendre les études pour la construction de centrales hydroélectriques en Amazonie. Selon les experts, une telle initiative bouleverserait l’écosystème du fleuve Amazone et de ses affluents, et forcerait le déplacement des populations.