Un avion en approche de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Archives.
Un avion en approche de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Archives. — Frédéric Scheiber/20MINUTES

ENVRONNEMENT

Toulouse: Les vols de nuit ont augmenté et on vous dit pourquoi

Le trafic aérien en cœur de nuit a augmenté avec plus de 200 vols supplémentaires en une saison. Les explications de l’aéroport ne convainquent pas des riverains excédés…

  • La dernière saison estivale (qui en fait dure sept mois) a vu le trafic aérien nocturne augmenter à Toulouse. Il y a eu 218 vols « en cœur de nuit » de plus qu’en 2017.
  • L’aéroport explique cette inflation par des causes essentiellement extérieures comme une grève des aiguilleurs à Marseille.
  • Les riverains disent avoir passé « le pire été » de leur vie.

Une fois n’est pas coutume, l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) a devancé la colère de ses riverains en annonçant lui-même la mauvaise nouvelle : il y a eu 1.364 vols « en cœur de nuit », c’est-à-dire décollant ou atterrissant entre minuit et 6 heures du matin, lors de la dernière « période estivale ». Une longue « saison » puisqu’elle s’étale en fait du 1er avril au 31 octobre. Ce chiffre, dévoilé en préfecture la semaine dernière lors du bien nommé « Observatoire cœur de nuit », est en augmentation de 218 vols par rapport à 2017.

La direction d’ATB relativise en calculant qu’on parle en fait d’un vol de plus par nuit. Mais les riverains ne l’entendent pas de cette oreille. « Cet été a été le pire été qu’on ait jamais eu, d’où l’explosion des plaintes des riverains, s’exclame Chantal Demander, la présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine (CCNAAT). D’autant qu’avec la canicule, il fallait dormir fenêtres ouvertes, le double vitrage ne servait à rien ».

Alors, pourquoi cette inflation nocturne ? ATB avance trois raisons. Un vol hebdomadaire vers la Réunion impossible à caser à un autre moment. Mais aussi et surtout des vols qui ont « basculé » dans le cœur de nuit « en raison de grèves du Contrôle aérien de Marseille (de mars à juin) et de la congestion estivale du trafic dans le sud de l’Europe ».

Les riverains sceptiques

« On ne nous montre aucun document qui prouverait tout ça », réagit Chantal Demander. La militante antibruit remarque que depuis que l’aéroport s’est engagé à maîtriser le cœur de nuit en 2010, c’est la tranche 22 heures/minuit qui est privilégiée. « Or, d’après l’Organisation mondiale de la santé, une vraie nuit dure huit heures pas six », rappelle-t-elle.

Dans ce ciel chargé, il y a tout de même une bonne nouvelle. Grâce aux discussions avec les compagnies aériennes, les perspectives pour les vols de nuit 2019 s’annoncent « encourageantes » selon ATB. Alain de la Meslière, son directeur des opérations, rappelle aussi qu’un « travail de fond est engagé avec le Service de navigation aérienne » pour utiliser davantage la piste 2, la plus éloignée de Toulouse.