COP 24: 365 conseils pour changer le monde à notre échelle

COP 24 Julien Vidal a testé une action éco-citoyenne par jour pendant un an, et en a fait un livre, « Ça commence par moi », pour inciter les gens à vivre de manière responsable…

Lise Abou Mansour

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Julien Vidal a relevé le défi de tester une action écocitoyenne par jour pendant un an.
Julien Vidal a relevé le défi de tester une action écocitoyenne par jour pendant un an. — Emmanuelle Marchadour
  • En septembre 2016, Julien Vidal s'est lancé un défi : tester une action éco-citoyenne par jour pendant un an.
  • Dans le livre Ça commence par moi (Editions Seuil), il raconte les coulisses de son aventure. 
  • « Aujourd’hui, je produis cinquante kilos de déchets par an, soit dix fois moins qu'un Français classique », nous explique-t-il.

Fabriquer son propre déodorant, coller un « stop pub » sur sa boîte aux lettres ou avoir toujours une gourde en inox sur soi : des petites actions qui semblent anodines mais qui permettent, à long terme, de diminuer notre empreinte carbone et de réaliser de sacrées économies. Julien Vidal l’a compris. En septembre 2016, il a décidé de se lancer un défi aussi ambitieux qu’important : tester une action éco-citoyenne par jour pendant un an… et il a survécu. Pire, il a aimé ça !

En 2015, le Grenoblois travaille pour une ONG aux Philippines lorsqu’il constate l’importance des dérèglements climatiques. Le jeune homme, déjà conscient de l’urgence climatique, a un déclic. « L’ONU nous dit qu’on a deux ans si on veut vraiment réussir à maintenir une situation stable et qu’il faut drastiquement changer. »

100.000 personnes qui le suivent

Quelques mois plus tard, il rentre en France et décide de « (s) e mettre un bon coup de pied aux fesses ». « Il me paraissait insupportable de ne pas mettre en cohérence mes actes avec mes valeurs. » Il décide alors de coller un « Stop pub » sur sa boîte aux lettres. Avec ce simple autocollant, il va économiser plus de quarante kilos de papier par an. C’est ainsi que l’aventure commence. Chaque jour, pendant un an, il s’est lancé un nouveau défi éco-citoyen.

Fabriquer sa propre lessive, arrêter d’utiliser de la vaisselle jetable ou jeter ses déchets naturels dans un compost, toutes ses actions, il les répertorie sur Internet. Le jeune homme créé le site  www.cacommenceparmoi.org pour partager son expérience. Il montre les coulisses, raconte ses petites victoires (arrêter définitivement de manger de la viande) mais aussi ses fails (la fabrication d’un bon dentifrice, plus compliquée que prévu). Le défi intéresse : 100.000 personnes lisent les aventures du néo-écologiste.

« J’ai beaucoup moins de phases dans ma vie où je suis dans une consommation addictive »

365 actions plus tard, Julien est en pleine forme. Il a adopté un mode de vie plus sain et plus simple. Exit les virées shopping au centre commercial, les livraisons de repas à domicile et les voyages en avion à des milliers de kilomètres de la France. « J’ai beaucoup moins de phases dans ma vie où je suis dans une consommation addictive. Je suis plus dans la contemplation, dans un plaisir plus sain de lecture, de faire du sport, de passer du temps avec mes amis. »

Une empreinte carbone divisée par cinq

Si l’aventure a joué (positivement) sur son moral, le point de départ, c’était surtout d’émettre moins de CO2. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le défi est relevé. Notamment en se déplaçant à vélo, en arrêtant de prendre l’avion et de commander sur Internet, l’ancien salarié dans l’humanitaire a diminué son empreinte carbone par cinq. « Aujourd’hui, je produis cinquante kilos de déchets par an, soit dix fois moins qu'un Français classique. » L’avantage : il ne descend plus sa poubelle qu’une seule fois par mois.

Le défi a eu un effet positif sur la planète mais aussi sur son porte-monnaie. « On réapprend à fabriquer des choses nous-mêmes. On répare nos vêtements et nos objets. On utilise toute la nourriture qu’on achète et on réduit notre consommation de gaz et d’électricité. » En adoptant ce mode de vie, Julien économise près de 300 euros par mois. « Si on me l’avait dit plus tôt, je crois que je m’y serais mis bien plus rapidement. »