COP24: Loin des objectifs climat, les émissions carbone s'affolent et atteignent un niveau record

ENVIRONNEMENT Après des années stables, les émissions de CO2 repartent à la hausse, d’après une étude…

20 Minutes avec AFP

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La ville de Santiago plongée dans le smog (illustration).
La ville de Santiago plongée dans le smog (illustration). — CLAUDIO REYES / AFP

Rien à faire, il n’y a (toujours) pas de bonne nouvelle du côté du climat. Un nouveau bilan publié ce mercredi en marge de la COP24 en Pologne fait état d’une hausse inédite des émissions carbone des énergies fossiles en 2018. Ces émissions sont la première cause du réchauffement mondial.

Les émissions de CO2 liées à l’industrie et à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz devraient croître de 2,7 % par rapport à 2017, pour atteindre un niveau record de 37 milliards de tonnes. Du jamais vu en sept ans, après une hausse de 1,6 % l’an dernier qui suivait trois années quasiment stables.

La croissance de l’énergie plus forte que les politiques

Il faut remonter à 2011 et la sortie de la crise financière de 2008 pour trouver pire taux, dit à l’AFP Glen Peters, climatologue au centre de recherche Cicero (Oslo) et coauteur de l'étude. « Les politiques se font distancer par la croissance de l’économie et de l’énergie », souligne-t-il. « On est loin de la trajectoire qui nous permettrait de rester à 1,5 °C ou même 2 °C » de réchauffement, objectifs de l’accord de Paris. « La rhétorique enfle mais l’ambition non, nous avons complètement dérapé. »

La hausse de cette année est alimentée notamment par un boom d’émissions en Chine (+4,7 %), premier émetteur mondial (un quart du total), dont les efforts avaient pourtant permis des résultats encourageants les années précédentes, selon ce 13e bilan du Global Carbon Project, réalisé par 80 scientifiques. Mais « nos experts chinois pensent que cette résurgence est liée aux stimulus économiques donnés par le gouvernement, et donc possiblement temporaire », souligne Corinne Le Quéré, de l’université d’East Anglia.

Deuxième pays émetteur : les Etats-Unis

Deuxième pays émetteur, les États-Unis en sont à +2,5 % d’émissions en 2018. A ne pas forcément imputer aux politiques anti-climat de Trump, mais plutôt à un hiver et un été extrêmes qui ont sollicité chauffages et climatiseurs. L’Inde est, elle, à +6,5 %. Les émissions européennes en revanche reculent (-0,7 %), avec des disparités nationales.

Outre le charbon, première source de CO2, la consommation de gaz naturel a augmenté de 2 % par an dans le monde entre 2000 et 2017, dont +8,4 % dans une Chine qui lutte contre la pollution de l’air. Côté pétrole, on pensait le pic de consommation atteint. Il n’en est rien, du fait des transports : le nombre de véhicules croît de 4 % par an, dont une faible part d’électriques. Et le recours au carburant utilisé par l’aviation commerciale a bondi de 27 % en 10 ans.

Au total, les émissions de CO2 fossile devraient atteindre un record de 37,1 Gt en 2018. Soit les trois quarts des gaz à effet de serre. Auxquels s’ajoutent 5 Gt liées à la déforestation. Les Etats sont réunis jusqu’au 14 décembre à Katowice pour la COP24. Les participants sont invités à faire un point sur l’ambition globale. Selon un observateur, cela pourrait donner lieu à une déclaration d’un groupe de pays.