Toulouse: Ils font du compost avec les épluchures de fruits et légumes des restaurateurs

COP 24 Depuis deux mois, les deux fondateurs des Alchimistes Occiterra sillonnent les rues de Toulouse pour collecter les biodéchets des restaurateurs afin de les transformer en compost…

Beatrice Colin

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Mathieu Therial et Valentin Mizzi, cofondateurs des Alchimistes Occiterra, à Toulouse.
Mathieu Therial et Valentin Mizzi, cofondateurs des Alchimistes Occiterra, à Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Deux trentenaires ont fondé les Alchimistes Occiterra. Ils collectent les déchets organiques et les transforment en compost.
  • Chaque mois, ils collectent près de 10 tonnes de biodéchets auprès de 35 restaurateurs ou cafés.
  • En 2025, la réglementation obligera à une collecte séparée et une valorisation de ces biodéchets.

Depuis deux mois, Mathieu Therial et Valentin Mizzi sillonnent les rues de Toulouse sur leur vélo électrique. Dans leur remorque, les fondateurs des Alchimistes Occiterra transportent tous les jours dans des containers les épluchures de fruits de légumes de plusieurs restaurateurs toulousains, ainsi que leur marc de café. Des biodéchets qu’ils transforment ensuite en compost sur un terrain qu’ils occupent à Bellefontaine.

« Pour l’instant nous avons une plateforme de compostage en bac et il faut quatre mois pour que ces matières organiques se transforment en compost. D’ici l’été prochain, nous aurons un composteur électro-mécanique qui nous permettra de réduire ce temps à dix jours et de produire un compost normé, qui pourra être vendu », explique Mathieu Therial dont l’association va lancer une levée de fonds.

Plusieurs sites de compostage à terme

Pour l’instant, leur super terreau made in Toulouse est utilisé sur leur terrain de Bellefontaine pour développer de l’agriculture urbaine. A terme, ils espèrent implanter de nouveaux sites de compostage au nord et à l’est de Toulouse. Leur objectif n’est en effet pas de parcourir des dizaines de kilomètres pour aller chercher de la matière première mais bien de collecter dans un rayon de 5 kilomètres pour respecter un cercle vertueux.

Pour l’instant, 35 clients leur font confiance, dont certains dans le cadre d’une opération de collecte mise en place par la région Occitanie dans le cadre du salon Rencontres gustatives agricoles et ludiques (REGAL) qui se tiendra du 13 au 16 décembre au Parc des expositions.

Limiter le gaspillage

Parmi ces établissements on trouve la brasserie du Stade Toulousain ou encore la Halle de la machine. Mais aussi des restaurateurs engagés comme Valérie Pasquier. « Nous sommes engagés dans l’idée de limiter le gaspillage. Au début je voulais installer un composteur dans la résidence où nous nous trouvons, mais c’était compliqué. Du coup je ramenais les biodéchets du restaurant chez moi, mais mon composteur a vite été plein. Du coup, quand les Alchimistes ont été prêts pour la collecte j’ai eu recours à eux », explique la fondatrice de Roquette et Julienne, un restaurant végétarien aux Pradettes.

Chaque semaine, Mahieu ou Valentin passent dans son établissement pour récupérer son conteneur. Ce qui lui a permis de réduire de moitié le volume de sa poubelle. Pour ce service, elle débourse environ 80 euros par mois, un tarif qui oscille en fonction du poids et du nombre de collectes. « C’est un investissement mais cela va de pair avec nos pratiques. Pour la vente à emporter, nous invitons les gens à venir avec leurs propres contenants, ça permet de limiter les déchets. Chaque petit geste peut avoir son importance », assure Valérie Pasquier.

Obligations d’ici 2025

Chaque mois, ce sont ainsi près de 10 tonnes de déchets fermentescibles qui ne partent pas à l’incinérateur. « Et chaque tonne qui n’est pas incinérée cela équivaut à une économie de 100 euros pour la collectivité. Les restaurateurs qui le font ont des convictions, mais la loi Grenelle 2 oblige déjà les producteurs de biodéchets à valoriser leurs déchets via une filière de traitement biologique à partir de 10 tonnes produit par an. Par ailleurs, pour les déchets des ménages la loi de transition énergétique indique que d’ici 2025, 65 % des biodéchets devront être orientés vers des filières de valorisation biologique », plaide Mathieu Therial.