Occitanie: A la campagne ou en ville, les pesticides présents dans l'air vont être pistés

POLLUTION Une campagne de mesures des produits phytosanitaires dans l’air est lancée en région Occitanie…

Beatrice Colin

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Un tracteur dans un champ dans le Lauragais.
Un tracteur dans un champ dans le Lauragais. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • L’observatoire de la qualité de l’air Atmo Occitanie participe à une campagne nationale de mesures des produits phytosanitaires présents dans l’air
  • Cinquante molécules présentes dans l’air sur huit sites différents, aussi bien à la campagne et en ville, vont être scrutées.
  • Une précédente étude réalisée dans le Lauragais a permis de détecter en 2015 un pesticide interdit à la commercialisation. Il n’a pas été retrouvé l’année suivante.

Se mettre au vert à la campagne n’est pas la garantie de s’éloigner de toute forme de pollution. Si la Ville rose est victime des gaz d’échappement émis par le trafic automobile, dans la petite commune de Bélesta, dans le Lauragais, ce sont les produits phytosanitaires que l’on retrouve dans l’air.

Des taux en baisse sur un an

Alors qu’une vaste campagne de mesures des pesticides est lancée au niveau national par l’Anses, Atmo Occitanie, l’observatoire de la qualité de l’air qui va s’occuper de suivre huit points dans la région, a livré jeudi les résultats d’études déjà réalisés sur deux ans au sud-est de la Haute-Garonne.

Sur cette zone de grandes cultures, 14 produits phytosanitaires ont été retrouvés sur la période 2014-2015, en majorité des herbicides, mais aussi des pesticides utilisés en viticulture, là où il y en a très peu. Et du Lindane, un insecticide interdit depuis… 1998.

L’année suivante, cette substance a disparu « et on a divisé par trois la quantité de produits phytosanitaires recueillis », relève Dominique Tilak, la directrice d’Atmo. Une météo plus favorable à la dispersion ou encore des semences différentes plantées cette année-là peuvent être à l’origine de cette baisse.

Scruter les champs… et les villes

Une tendance qui devra être confirmée par la campagne nationale de mesures en cours. « Leur objectif est, à terme, de prendre des décisions, de voir s’il est utile de réglementer l’usage de certains produits phytosanitaires, nous ne sommes pas là pour stigmatiser le monde agricole », pose Thierry Suaud, le président d’Atmo Occitanie.

Mais aussi de les corréler avec des résultats épidémiologiques, notamment avec ceux du registre national des cancers pour voir si là où il y a un fort taux de pesticides dans l’air il y a une prévalence de certaines maladies.

Si, après plusieurs scandales sanitaires, le secteur a une prise de conscience et le plan Ecophyto vise à réduire significativement le nombre de tonnes de pesticides vendus en France à l’horizon 2020, un document publié en juillet 2018 par le ministère de la Transition écologique et celui de l’Agriculture a montré qu’entre 2015 et 2016 ce chiffre avait augmenté.

Et l’Occitanie n’est pas en reste puisque c’est l’une des régions où la vente de pesticides a été l’une des plus importantes l’an dernier selon une carte publiée récemment par Générations Futures.

Mais l’agriculture n’est pas la seule source d’usages des pesticides. Les particuliers dans leur jardin ont parfois la main lourde aussi. C’est d’ailleurs pour cela que les zones rurales ne seront pas les seules à être scrutées de près. Une station est ainsi implantée à Toulouse ou Nîmes pour mesurer quels sont les herbicides et autres fongicides véhiculés dans l’air de la Ville rose.