Australie: Pour sauver la Grande Barrière, des chercheurs vont élever des larves de coraux

ENVIRONNEMENT Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, la Grande Barrière de corail est menacée par le réchauffement climatique et par les activités industrielles ou agricoles…

20 Minutes avec agences

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Photographie aérienne  de la Grande barrière de corail, au large des Whitsunday Islands, dans l'Etat du Queensland en Australie.
Photographie aérienne de la Grande barrière de corail, au large des Whitsunday Islands, dans l'Etat du Queensland en Australie. — Sarah Lai AFP

Des chercheurs ont annoncé ce mercredi le lancement de la plus importante tentative de réhabilitation de la Grande Barrière de corail. L’opération consiste en la récolte d’ovules et de sperme de ces animaux qui seront élevés puis réintroduits sur ce joyau qui s’étend sur environ 345.000 km² le long de la côte est de l’ Australie,

La Grande Barrière est en effet en grand danger. Elle a récemment subi plusieurs épisodes de blanchissement de ses coraux, un phénomène dû au réchauffement climatique. Mais ses récifs sont également menacés par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux, et par les activités industrielles ou agricoles.

Un programme à grande échelle

Le projet vise à élever des larves de coraux qui seront ensuite réintroduites dans certaines zones particulièrement touchées de la Barrière. « C’est la première fois que l’ensemble du processus d’élevage larvaire et de réintroduction sera conduit sur les récifs de la Grande Barrière de corail », a déclaré dans un communiqué Peter Harrison, de la Southern Cross University (Nouvelles-Galles du Sud).

« Nos équipes vont restaurer des centaines de mètres carrés avec l’objectif d’atteindre des kilomètres carrés à l’avenir, ce qui est une échelle qui n’avait jamais été atteinte. »

Pendant la période de reproduction

Le lancement du « Projet de restauration larvaire » coïncide avec la période annuelle de reproduction des coraux sur les récifs, qui débutera dans les prochains jours et ne dure que 48 à 72 heures.

L’idée est donc de collecter ovules et sperme de corail lors de la courte période, puis d’élever les larves récoltées pour les relâcher sur les récifs endommagés. Cette émission d’ovules et sperme en pleine mer entraîne naturellement une importante déperdition, en fonction des vagues et des courants.

Lutter aussi contre le réchauffement

Ces vingt dernières années, la Grande Barrière a connu quatre épisodes graves de blanchissement, un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau, qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Les récifs peuvent s’en remettre si l’eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste.

Peter Harrison a bon espoir que la technique de l’élevage de larves contribuera à aider les récifs. Mais elle ne sera pas suffisante, prévient-il. « L’action pour le climat est la seule façon de s’assurer que les récifs coralliens puissent survivre à l’avenir. »