Climat: L'année 2018 devrait être l'une des plus chaudes jamais enregistrées

TEMPERATURE La température moyenne à la surface du globe, pour les dix premiers mois de l’année, était supérieure de quasiment 1°C aux valeurs de l’époque préindustrielle…

20 Minutes avec AFP

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Record de chaleur au mois de décembre en France, illustration.
Record de chaleur au mois de décembre en France, illustration. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

A quelques jours du début du sommet sur le climat COP24, en Pologne, un rapport dénonce l’extrême urgence de la situation climatique. Selon les chiffres publiés, ce jeudi, par l’ONU, 2018 devrait être la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la température moyenne à la surface du globe, pour les dix premiers mois de l’année, était supérieure de quasiment 1°C aux valeurs de l’époque préindustrielle (1850-1900), de sorte que « 2018 s’annonce comme la 4e année la plus chaude jamais enregistrée ». La tendance au réchauffement de la Terre sur le long terme « est évidente et se poursuit », a alerté le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, en conférence de presse.

« La température risque d’augmenter de 3-5°C d'ici à la fin du siècle »

Et alors que les 22 dernières années comptent les 20 années les plus chaudes jamais enregistrées, les quatre dernières caracolent en tête de liste, selon l’OMM. « Il faut le marteler encore et encore : nous sommes la première génération à bien comprendre les changements climatiques et la dernière à pouvoir en contrer les conséquences », a souligné Petteri Taalas. Alors que les concentrations de gaz à effet de serre, facteur déterminant du réchauffement, vont de record en record, « la température risque d’augmenter de 3-5°C d'ici à la fin du siècle si la tendance continue », a-t-il alerté.

Au cours de la COP24, qui doit se tenir à Katowice en Pologne, la communauté internationale doit finaliser l’accord de Paris pour atteindre l’objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C, voire à 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. Selon les experts de l’ONU, il est matériellement possible d’atteindre cet objectif de 1,5°C en changeant notre mode de vie, les systèmes énergétiques et les réseaux de transport.

Un lot de conditions météorologiques extrêmes

Le réchauffement climatique se poursuit sans relâche, entraînant une élévation du niveau de la mer, l’acidification des océans et la fonte de la banquise et des glaciers. L’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale depuis le début de l’année, affichant des records à la baisse en janvier et février, affirme le rapport. L’année 2018 a également connu son lot de conditions météorologiques extrêmes, autre caractéristique majeure du réchauffement.

La saison cyclonique a été particulièrement active dans le Pacifique nord-est, où l’énergie cyclonique cumulée a été la plus importante qui ait été enregistrée depuis le début des observations par satellite. En Europe, l’une des vagues de froid les plus marquantes de ces dernières années a fait grelotter le continent, suivie d’une chaleur et sécheresse exceptionnelles. La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a été frappée elle aussi cette année par de violents incendies, dont « Camp Fire » en novembre, l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de cet état américain avec au moins 85 morts.