Agriculture bio: L'utilisation de pesticides au cuivre prolongée de sept ans dans l'Union européenne

CULTURES L’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a pourtant récemment souligné les risques en matière de pollution des sols…

L.Br. avec AFP

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Une exploitation viticole lors des vendanges (image d'illustration).
Une exploitation viticole lors des vendanges (image d'illustration). — GEORGES GOBET / AFP

Le produit est reconnaissable à sa couleur bleue. Le cuivre, utilisé en tant que fongicide sous forme de « bouillie bordelaise », c’est-à-dire avec de la chaux, voit son autorisation prolongée de sept ans, malgré les risques pointés par l’Agence européenne pour la sécurité des aliments. Ce produit est l’un des rares bactéricides et fongicides autorisés dans  l'agriculture bio.

Lors d’un vote mardi à Bruxelles, les experts des Etats membres se sont prononcés en faveur de la prolongation à partir du 31 janvier 2019 à la date d’expiration, a annoncé la Commission européenne. L’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a pourtant récemment souligné les risques présentés par l’utilisation dans l’agriculture des composés issus de cuivre en particulier en matière de pollution des sols.

Un seuil abaissé pour les agriculteurs bio

Le produit est autorisé dans certaines limites en agriculture biologique. Cette substance est utilisée notamment en viticulture pour lutter contre les ravages d’un champignon, le mildiou.

La prolongation décidée mardi abaisse d’environ un tiers le seuil actuellement fixé pour les exploitants bio. Cette limite sera en outre désormais appliquée à l’ensemble des exploitations. La Commission considère que cette prolongation « améliore la protection de l’environnement en limitant les doses d’application, tout en maintenant un outil important pour la protection des cultures ». Elle a parallèlement chargé « l’Efsa d’élaborer une méthodologie plus appropriée pour l’évaluation des risques pour l’environnement, afin que celle-ci soit disponible pour le prochain renouvellement de l’autorisation ».

Anticiper sa diminution

En France, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a souhaité que le pays anticipe et prépare la « diminution » de l’utilisation de sulfate de cuivre dans l’agriculture, notamment biologique. Se félicitant de la décision européenne, « conforme aux demandes de la France qui a bataillé pour obtenir cette décision », le ministre a indiqué que plusieurs pays souhaitaient l’interdiction pure et simple de cette substance.

Une feuille de route sera élaborée en concertation avec les acteurs du secteur pour être présentée au comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) écophyto du 1er trimestre 2019.