Climat: Pour rester sous la barre des deux degrés, les pays vont devoir tripler leurs efforts

ENVIRONNEMENT Et s’ils ne veulent pas dépasser 1,5°C, leurs promesses et efforts devront être multipliés par cinq...

L.Br. avec AFP

— 

Une figurine plante un marteau piqueur dans un globe terrestre (image d'illustration).
Une figurine plante un marteau piqueur dans un globe terrestre (image d'illustration). — JOEL SAGET / AFP

Le scénario climatique est plus sombre que jamais. Selon un nouveau rapport de l’Onu, le monde s’éloigne de son objectif de maîtrise du réchauffement climatique. Le fossé entre les émissions de gaz à effet de serre et l’ambition de l’Accord de Paris ne cesse de grandir. Un constat édifiant publié cinq jours avant l’ouverture de la 24e conférence mondiale sur le climat (COP24) en Pologne.

Pour conserver l’objectif d’une augmentation inférieure à deux degrés, les Etats devront tripler d’ici 2030 le niveau global de leur engagement par rapport aux promesses faites en 2015 à la conférence climat de Paris (COP21), souligne le Programme environnement de l’ONU (PNUE). Il faudrait aussi émettre au maximum 40 Gigatonnes de CO2 en 2030, et 24 Gigatonnes pour 1,5°C. Or si les pays s’en tiennent à leurs actions présentes, sans les renforcer, ils produiront encore 59 Gt à cette échéance, souligne le rapport, synthèse des connaissances scientifiques.

Les émissions repartent à la hausse

Et s’ils ne veulent pas dépasser 1,5°C, stade auquel des dérèglements climatiques majeurs auront déjà lieu, leurs promesses et efforts devront être multipliées par cinq. « C’est la nouvelle la plus alarmante : l’écart [entre le niveau actuel des émissions et le niveau nécessaire] est plus grand que jamais », dit à l’AFP Philip Drost, qui a coordonné le rapport du PNUE.

En 2017, les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont reparties à la hausse, après trois ans de relative stabilité. Et 2018 devrait connaître la même tendance, avec une augmentation attendue des émissions du secteur de l’énergie (3/4 du total), a déjà prévenu l’Agence internationale de l’énergie. Le scénario du PNUE est également plus sombre que l’an dernier parce que les dernières recherches montrent qu’il ne faudra pas compter sur un déploiement vaste et rapide de technologies d’absorption du CO2.

Des progrès dans le secteur privé

Selon les auteurs, 49 pays ont passé leur « pic » d’émissions, mais ils ne représentent que 36 % des GES mondiaux. Et au total seuls 57 Etats (60 % des émissions) seraient en bonne voie d’y parvenir d’ici 2030, si leurs promesses de 2015 sont tenues.

Parce que tout n’est pas noir, le rapport du PNUE remarque aussi des progrès : boom des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique, actions des collectivités locales dans les transports… Le PNUE souligne le dynamisme du secteur privé et le potentiel inexploité de l’innovation et du financement vert.