La ville de Lyon est régulièrement touchée par des épisodes de pollution comme en décembre 2013.
La ville de Lyon est régulièrement touchée par des épisodes de pollution comme en décembre 2013. — PASCAL FAYOLLE

POLLUTION

Lyon: La ville va mettre en place une zone à faible émission mais est-ce suffisant?

Cette mesure sera mise en place dès le 1er janvier 2019 et effective un an plus tard...

  • La ville de Lyon va instaurer une Zone à faibles émissions le 1er janvier 2019.
  • Les poids lourds et véhicules utilitaires légers les plus anciens, responsables de 60 % des émissions de dioxyde d’azote, seront chassés du centre-ville.
  • Si la plupart des élus saluent cette initiative, certains regrettent néanmoins que le dispositif n’aille pas assez loin.

Une décision drastique qui risque de faire des mécontents. A partir du 1er janvier 2019, la Métropole de Lyon va mettre en place une ZEF, zone à faibles émissions. Le principe : éloigner les véhicules les polluants de la presqu’île. Si dans un premier temps, il s’agit de faire de la pédagogie, le ton devrait se durcir dès 2020 avec l’instauration des premières verbalisations.

« En 2016, 47.700 habitants ont été exposés à des valeurs de dioxyde d’azote supérieures au seuil réglementaire et concernant les particules fines, 93 % de la population de l’agglomération est exposée à une moyenne annuelle supérieure au seuil fixée par l’OMS », rappelle la Métropole de Lyon.

Diviser par deux le nombre de personnes exposées aux émissions de dioxyde d’azote en 2020

L’objectif annoncé du dispositif prévu est ainsi de diviser par deux en 2020, le « nombre de personnes exposées » et d'« atteindre le seuil fixé par l’OMS à l’horizon 2030 » en matière de qualité de l’air. Pour y parvenir, la décision a été prise d’interdire en centre-ville la présence de poids lourds et de véhicules utilitaires légers, classés 4 ou 5 par la vignette Crit'air ou n’étant pas classés. « Ils représentent 25 % des kilomètres parcourus dans l’agglomération mais ils sont responsables de 60 % des émissions de dioxyde d’azote », soutient la Métropole.

Si la plupart des élus saluent cette décision, certains trouvent en revanche, que le dispositif ne va pas assez loin. Le périmètre englobe une partie de Bron, Vénissieux, Caluire mais aussi des 2e, 7e et 9e arrondissements de Lyon. Pas suffisant selon les écologistes. « Pourquoi ne pas avoir intégré l'autoroute A6/A7 qui a été déclassée », s’interroge Pierre Hémon, conseiller métropolitain EELV.

Pas d’aides financières pour les professionnels

« On aurait aimé que cette décision soit prise plus rapidement car rappelons-le, on parle du Plan Oxygène à Lyon depuis 2006 », ajoute Françoise Chevallier, conseillère municipale EELV qui aurait souhaité que le « dispositif soit étendu aux véhicules particuliers ».

« 4 % des voitures qui roulent dans l’agglomération sont des véhicules de plus de vingt ans, très polluants. Les prendre en compte aurait eu un effet non négligeable », appuie-t-elle. « 200.000 véhicules toute catégorie circulent quotidiennement à Lyon et Villeurbanne intra-muros. A-t-on besoin d’en avoir autant ? », poursuit Pierre Hémon.

Les élus Les Républicains et apparentés ont déploré de leur côté l’absence d’aides financières destinées aux professionnels. La ville n’a pas prévu de leur accorder une enveloppe. Et la Métropole y réfléchit. « Les dispositifs gouvernementaux d’aide ne permettent pas à un certain nombre de professionnels de changer leur véhicule au regard de l’investissement que cela représente et de la santé financière de leurs entreprises », regrette Stéphane Guilland, porte-parole LR. Et conclure : « Cela risque de nuire au tissu économique ».