Bretagne: Des faucheurs volontaires ne veulent plus «pisser» du glyphosate et portent plainte

ENVIRONNEMENT Vingt-deux plaintes ont été déposées ce mardi auprès des procureurs de Quimper, Lorient et Saint-Brieuc…

Jérôme Gicquel
Un agriculteur répand du glyphosate dans son champ dans les Hauts-de-France.
Un agriculteur répand du glyphosate dans son champ dans les Hauts-de-France. — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Une vingtaine de faucheurs volontaires ont déposé plainte contre les fabricants de pesticides ce mardi en Bretagne.
  • En 2017, des analyses avaient révélé un taux de glyphosate particulièrement élevé dans leurs urines.
  • Partie d’Ariège, la mobilisation des « Pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate » prend de l’ampleur.

Après l’Ariège, la mobilisation des « Pisseurs involontaires de glyphosate » se poursuit en Bretagne. Ce mardi, 22 personnes se revendiquant du mouvement des faucheurs volontaires ont déposé plainte auprès des procureurs de Quimper, Lorient et Saint-Brieuc pour « mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement ».

Leur action fait suite à des analyses d’urine réalisées en 2017. Poursuivis à l’époque pour avoir rendu impropres à la vente des bidons de Roundup, les plaignants s’étaient soumis à des prélèvements pour faire constater la présence de glyphosate dans leurs urines.

« Tout le monde est concerné par ce scandale sanitaire »

Les résultats n’avaient fait que confirmer leurs inquiétudes avec des taux relevés allant de 0,19 à 3,4 nanogrammes par millilitre d’urine. Michel Coudé a lui été contrôlé à 1,15 nanogramme, « soit onze fois et demie la norme autorisée dans l’eau potable ».


Relais du collectif des «Pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate» en Bretagne, il estime que « tout le monde est concerné par ce scandale sanitaire ». « Le glyphosate est le pesticide le plus utilisé dans le monde. On en trouve dans les légumes, la viande, l’eau potable et l’air que nous respirons. Et le pire, c’est que ce n’est pas le plus dangereux », dénonce le militant, qui habite à Crédin (Morbihan), « coincé entre des bois et des champs ».

« Pour éviter d’empoisonner les générations à venir »

Avec ses collègues faucheurs, il souhaite désormais faire condamner les fabricants de pesticides ainsi que les autorités qui ont autorisé leur mise sur le marché. « C’est aussi pour éviter d’empoisonner les générations à venir qu’on le fait », assure-t-il.

La date du dépôt de plainte des faucheurs bretons n’a pas non plus été choisie au hasard. C’est en effet ce mardi que la Cour de justice européenne doit se prononcer sur la conformité du règlement de 2009 sur l’homologation des pesticides, et notamment le principe de précaution.