Océan Pacifique: 17 nouvelles espèces de lombrics mises au jour dans les grands fonds marins

BIODIVERSITÉ Ces 17 espèces de ver sont proches des lombrics qu’on trouve dans nos jardins…

20 Minutes avec agence

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L'un des lombrics marins découverts lors de cette étude.
L'un des lombrics marins découverts lors de cette étude. — Ifremer

Dix-sept nouvelles espèces ont été découvertes dans les grands fonds marins du Pacifique. C’est le résultat d’une campagne de prélèvements effectuée en 2015 par une équipe de l’Ifremer dans le Nord-Est de l’océan Pacifique, entre l’archipel d’Hawaï et les côtes du Mexique.

Dans cette zone, on trouve les nodules polymétalliques de Clarion-Clipperton. Il s’agit de réservoirs de minerais situés entre 4.000 et 5.000 mètres de profondeur dont on a longtemps pensé qu’ils n’accueillaient aucune biodiversité. Il n’en est rien, rapporte RTL.

Des millions d’espèces inconnues

Ces nouvelles espèces sont des polychètes, cousins proches des lombrics mais couverts d’écailles sur le dos. Ce prélèvement n’est qu’une infime partie de ce que les scientifiques pourraient trouver. Ils estiment qu’à ces profondeurs vivent entre 250.000 et 10 millions d’espèces encore non répertoriées, qu’il s’agisse de vers (comme ici), de crustacés, de puces de mer ou de gastéropodes.

« A chaque prélèvement, nous avons remonté de nouvelles espèces », explique l’un des chercheurs à la revue The Zoological Journal of The Linnean Society. « Nous aurions pu en décrire près d’une centaine, nous nous sommes focalisés sur ces 17 parmi les mieux conservées. » De nouvelles études sont prévues pour voir si ces vers peuplent aussi d’autres zones proches.

La biodiversité menacée par l’exploitation minière

Le résultat de cette expédition est important pour l’avenir de cette zone où se trouvent des nodules polymétalliques. Ces gros galets riches en minerais (manganèse, nickel, cobalt, cuivre) aiguisent les appétits d’exploitation. Une zone abyssale avec nodules abrite plus de biodiversité que sans nodules. On y trouve jusqu’à deux fois plus d’espèces.

Or, ces animaux sont sensibles aux activités humaines et pourraient ne pas survire à une exploitation minière. « Dans les zones où le fond a été raclé pour simuler l’impact d’une exploitation minière, la faune a été profondément impactée et ne s’est jamais totalement rétablie, même après 30 ans », rappelle Lénaïck Menot, coauteur de l’article.