Changement climatique: L'ONU pointe un risque «extrême» pour deux tiers des grandes villes africaines

CLIMAT Un rapport publié ce mercredi par l’ONU montre que les deux tiers des villes africaines ne sont pas en mesure de résister aux chocs imposés par le changement climatique…

20 Minutes avec AFP

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La ville de Bangui, le 14 décembre 2015.
La ville de Bangui, le 14 décembre 2015. — MARCO LONGARI / AFP

Les villes africaines plus menacées que le reste du monde par le changement climatique. Un rapport publié ce mercredi met en garde les deux tiers des zones urbaines africaines en raison de la hausse de la population et d’infrastructures médiocres.

Le réchauffement de la planète pourrait mettre un coup d’arrêt à la croissance des villes les plus dynamiques dans le monde, prévient l’Organisation des nations unies. L'« index de vulnérabilité au changement climatique 2018 » publié mercredi par le cabinet de consultants Verisk Maplecroft utilise une cinquantaine de données existantes allant des modèles climatiques aux facteurs économiques, en passant par les projections démographiques. Huit villes africaines figurent au total dans les dix les plus à risque, dont Kinshasa, où les 13,2 millions d’habitants sont déjà régulièrement victimes notamment d’inondations.

Hausse de la population urbaine

Et avec la hausse de la population estimée à 26,7 millions d’ici 2035, les perturbations liées aux événements météo risquent d’augmenter. « La hausse de la population urbaine à cette allure va sans aucun doute intensifier le profil de risque déjà alarmant de la ville », selon les auteurs, qui pointent du doigt les problèmes auxquels font déjà face les mégalopoles africaines, comme le manque d’accès à l’eau potable ou l’habitat.

Selon le rapport, la capitale centrafricaine Bangui, la capitale du Liberia Monrovia et Mbuji-Mayi en République démocratique du Congo sont les trois villes les plus à risque. Le rapport « évalue la capacité à résister aux chocs climatiques et c’est cela qui fait que les villes africaines sont plus à risque que le reste du monde », a commenté Niall Smith, analyste chez Verisk Maplecroft.

Mexico, Bombay et Karachi en danger

« Nous ne disons pas de ne pas investir dans ces lieux », a assuré à l’AFP Richard Hewston, également analyste chez Verisk Maplecroft, invitant les investisseurs à y aller « avec les yeux ouverts ». Certaines des villes les plus peuplées de la planète, comme New Delhi, Bombay, Mexico, Karachi, ont un « risque élevé » de voir le changement climatique infliger des dommages à leurs économies et leurs populations, indique également le rapport.

A l’opposé, les villes britanniques de Glasgow, Belfast et Edimbourg sont les trois les moins à risque. Parmi les dix autres villes les mieux classées se trouvent également Rouen et Rennes en France, ou Hanovre en Allemagne.