Un étourneau.
Un étourneau. — Pixabay

FAKE OFF

Des oiseaux ont-ils été tués par un essai du réseau 5G ?

La mort d'une centaine d'oiseaux dans un parc de La Haye (Pays-Bas) aurait été provoquée par un essai du réseau 5G, selon une rumeur en vogue...

  • Fin octobre, une centaine d'oiseaux morts ont été retrouvés dans un parc de La Haye, aux Pays-Bas.
  • Le post Facebook à succès d'un internaute anti-5G accuse cette génération de communication mobile d'avoir provoqué ces disparitions.
  • Aucun essai 5G n'était pourtant en cours près du parc et la mort de ces oiseaux reste, à ce stade, inexpliquée.

Edit du 14 novembre 2018 : ajout des précisions apportées après publication par le refuge pour oiseaux De Wulp.

La 5G, la génération de communication mobile censée marquer une avancée considérable en matière de débit, est-elle à l’origine du mystérieux décès d’une centaine d’oiseaux à La Haye ?

Le doute n’est visiblement pas permis pour le site Réseau international, qui a consacré un article à ce phénomène surprenant : « À La Haye, il y a environ une semaine, [environ 150] oiseaux morts sont spontanément tombés morts dans un parc. […] Et si vous regardez autour de ce parc, vous avez peut-être vu ce qui se trouve au coin du toit face à l’endroit où ils sont morts : un nouveau mât de la 5G, ayant servi à faire un essai, en liaison avec la gare, pour voir si la portée était grande et si l’équipement ne produisait aucun nuisance sur et autour de la station. »

Il n’en faut pas plus à ce texte pour conclure que « des centaines d’oiseaux [sont] morts lors d’une expérimentation de la téléphonie mobile 5G ». Pourtant, les causes de leur décès restent, à ce stade, inconnues… alors qu’aucun « mât » 5G ne se trouve à proximité du parc en question.

FAKE OFF

Une centaine d’étourneaux ont bien été retrouvés morts au sein du Huijgenspark, comme l’ont rapporté différents articles de presse néerlandais sur le sujet. Et, en attendant d’identifier la cause de leur décès grâce aux études menées en ce moment, l’accès du parc a été interdit aux chiens. 

Mais aucune antenne 5G ne se trouve à proximité, comme l’indique à 20 Minutes l’Antennebureau, l’agence néerlandaise gouvernementale compétente : « Aucun test de la 5G n’est en cours près du Huijgenspark. […] Certains sites d’essai existent aux Pays-Bas, y compris à La Haye, mais celui-ci est situé très loin du Huijgenspark. »

« Scientifiquement, il n’y a aucune raison de soupçonner la 5G comme cause de la mort des oiseaux » ajoute l’organisme. Ce qui n’empêche pas certains internautes de s’inquiéter d’un tel « danger », en reprenant, comme Réseau international, les affirmations du post Facebook anxiogène de John Kuhles, gérant de deux pages anti-5G.

Celui-ci, adepte de théories sur les chemtrails – les prétendues traînées de produits chimiques qui seraient volontairement lâchées dans l’air par des avions œuvrant pour des agences gouvernementales, selon des théories complotistes – accusait en effet cette prétendue antenne 5G dès le 3 novembre : « Si [tous ces oiseaux] ont fait un arrêt cardiaque alors qu’ils étaient en bonne santé, sans signe de virus, d’infection bactérienne, sans poison […] la seule explication raisonnable, c’est que les nouvelles micro-ondes de la 5G ont eu un gros impact sur leurs cœurs ! »

 « Pas d’explication »

Contactée par 20 Minutes, Sharon Lexmond, du refuge pour oiseaux De Wulp, qui a pu examiner certains des oiseaux, indique : « Notre vétérinaire [a examiné] 25 oiseaux. Tous leurs estomacs étaient vides. [...] Les seules blessures internes étaient des petites blessures au foie, probablement dues à leur chute. »

« L'enquête est toujours en cours. Nous excluons la grippe aviaire, le virus usutu [...]. Nous pensons que les oiseaux ont mangé quelque chose qui leur a donné la nausée et a provoqué leur mort, ce qui expliquerait leurs estomacs vides » poursuit-elle.

La disparition de tant d’étourneaux n’a en outre rien « d’insolite », comme l’explique Anouk Decors, responsable scientifique au sein de SAGIR, le réseau de surveillance des maladies de la faune sauvage : « En France, nous avons déjà eu plusieurs signalements au cours des cinq dernières années, avec des étourneaux qui tombent de leur dortoir ou du ciel. En 2013, on a par exemple retrouvé 3.000 étourneaux morts dans l’Hérault. »

Sans qu’on puisse, là encore, identifier la cause de ces morts remarquées : « A ce jour, nous n’avons pas d’explication. Il ne s’agit ni d’une piste infectieuse, ni d’une piste toxicologique. Les soupçons peuvent se porter sur une piste environnementale – avec des perturbations acoustiques, ou une sensibilité particulière des étourneaux – mais rien ne permet de le prouver ou d’établir un lien de cause à effet. »