Montpellier: Des vignes résistantes au mildiou et à la sécheresse testées à grande échelle

VITICULTURE Alors que la récolte a été relativement faible en Languedoc, marquée par une forte contamination au mildiou des vignes sous traitement biologique, la profession teste des cépages résistants sur plusieurs territoires et appellations…

Jerome Diesnis

— 

Une vigne dans le Languedoc.
Une vigne dans le Languedoc. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Des vignes résistantes au mildiou, à l’oïdium et à la sécheresse sont testées à grande échelle sur plusieurs territoires viticoles en France.
  • Alors que la vigne traitée de façon biologique a été fortement touchée par le mildiou cette année, les cépages résistants n’ont pas été affectés par ces parasites dévastateurs.

Après une année 2017 historiquement faible (10,4 millions d’hectolitres), le volume de la récolte dans le Languedoc et le Roussillon est reparti à la hausse. Environ 12,4 millions d’hectolitres ont été vendangées. Ce qui reste malgré tout le deuxième plus bas total des six dernières années.

Cette baisse généralisée du volume de vin produit dans la plus grande région viticole de France n’est pas seulement due à la pression foncière. La vigne est victime depuis plusieurs années de phénomènes naturels : sécheresse, grêle (notamment les 3 et 13 juillet cette année) ou à l’inverse trop grand stress hydrique.

Pluies et fortes chaleurs propices aux ravages du mildiou

Cette année, la répétition des pluies dans un contexte de fortes chaleurs a été un terrain propice à la contamination par le mildiou. Le parasite, longtemps considéré comme un champignon, a ravagé de nombreuses vignes, notamment celles travaillées sous label biologique traitées sans produits phytosanitaires. Avec, comme limite au recours à la bouillie bordelaise (le traitement le plus efficace, toléré en agriculture biologique), un excès en cuivre.

Une vigne touchée par le mildiou
Une vigne touchée par le mildiou - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

C’est avec énormément d’intérêt que le milieu viticole regarde les travaux menés depuis plusieurs décennies par l’Inra. L’Institut national de la recherche agronomique travaille sur des cépages résistants au mildiou et l’oïdium (les deux principales maladies des vignes), mais aussi à la sécheresse. Le projet en est à un stade avancé. « Depuis 2005, nous avons commencé à développer des variétés très résistantes aux maladies, détaille Hernan Ojeda, directeur de l’unité expérimentale Puech Rouge à Gruissan, dans l’Aude. Le premier travail des généticiens a été de trouver des variétés de qualité équivalente à celles déjà sur le marché. »

Déploiement dans plusieurs régions

Le déploiement expérimental a débuté cette année, encouragé par la profession. « Nous allons pouvoir planter, essayer et déguster de nouveaux cépages pour savoir s’ils sont compatibles aux climats et aux sols de nos domaines », expliquait Bernard Augé, directeur adjoint du Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc lors de la signature en 2017 de la convention pour le déploiement de ces cépages résistants sur le terrain.

Un an plus tard, les conditions climatiques ont permis de tester ces cépages en grandeur nature. « Leur résistance a été exceptionnelle. Contrairement aux autres vignes traitées sous agriculture biologique, elles ont parfaitement résisté aux attaques du mildiou », reprend Hernan Ojeda. En collaboration avec les interprofessions, le rythme de plantation des vignes s’accélère afin d’obtenir des retours à grande échelle sur différents territoires (Alsace, Bourgogne, Cognac, Bordelais, Languedoc, Gaillac…) et différents cépages. « Ces variétés sont plantées à titre expérimental pour voir leurs comportements dans différentes régions. On manque encore de recul pour savoir s’il y aura d’éventuelles maladies secondaires si l’on arrête le traitement phytosanitaire », conclut le chercheur.