Les espaces sauvages ne représentent plus qu'un quart de la surface de la Terre

ENVIRONNEMENT Les espaces sauvages préservés des activités humaines constituent pourtant des refuges vitaux pour des milliers d’espèces…

20 Minutes avec agences

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La forêt amazonienne.
La forêt amazonienne. — JOBARD/COEURS DE NATURE/SIPA

Ils représentaient encore 85 % de la planète il y a un siècle. Les espaces sauvages, terres et mers préservées par l’expansion humaine et l’exploitation des ressources naturelles, ont fondu et représentent aujourd’hui 23 % de la Terre, selon un article publié ce mercredi dans la revue Nature.

Les territoires vierges restants sont en grande partie concentrés dans cinq pays : le Canada, l’Australie, les Etats-Unis, le Brésil et la Russie. Les politiques des trois derniers Etats cités inquiètent pourtant les protecteurs de l’environnement. La France se classe en sixième position grâce à ses espaces maritimes.

« Il ne reste pas grand-chose »

Les espaces sauvages constituent pourtant des refuges vitaux pour des milliers d’espèces menacées par la déforestation ou la surpêche. De plus, les forêts et les océans stockent de grandes quantités de carbone et constituent un auxiliaire essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils sont aussi essentiels pour les populations indigènes qui y vivent. « Pour la première fois, nous avons cartographié les zones de nature vierge à la fois terrestres et maritimes et montré qu’il ne reste pas grand-chose », explique James Watson, professeur à l’université du Queensland et auteur principal de l’étude.

Cette étude fait suite à la publication ce mardi du rapport « Planète vivante » du WWF. Sous la pression humaine, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60 % entre 1970 et 2014. « Comme l’extinction des espèces, l’érosion des espaces sauvages est globalement irréversible », constatent les chercheurs.

Des Etats devant leurs responsabilités

« Un petit nombre de pays détiennent une part importante de ces territoires et ont une énorme responsabilité pour préserver les dernières régions sauvages », indique par ailleurs James Watson. La Russie, les Etats-Unis et le Brésil, qui vient d’élire le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, ne font pas de la protection de l’environnement leur priorité.

La Russie reste vague concernant la protection de la taïga et son président Vladimir Poutine a remis en cause en 2017 la part de l’homme dans le changement climatique. De plus, le pays mise sur le développement de la route maritime du Nord de l’Arctique, rendu plus praticable avec la fonte des glaces causée par le réchauffement climatique. Enfin, Donald Trump a signifié le retrait les Etats-Unis de l’accord sur le climat de Paris.

« La nature a besoin d’une pause »

« Pour préserver les contrées sauvages, il faut juste stopper l’industrie et interdire aux gens d’y pénétrer », affirme James Watson. « Les pays doivent légiférer et ne pas laisser l’industrie y pénétrer. La nature a besoin d’une pause », insiste-t-il.

Les scientifiques plaident pour une législation plus stricte afin de protéger ces terres des visées industrielles et une réforme des financements pour mieux protéger les forêts. « Nous ne pouvons exploiter partout et ces pays ont encore ces bastions de terres sauvages. Je pense que le monde apprécierait qu’ils résistent et disent "nous allons prendre soin de ces régions" ».