VIDEO. Marseille: Dans les calanques, « la pollution aux hydrocarbures doit être traitée rapidement»

ENVIRONNEMENT Après le parc national de Port-Cros, dans le Var, le parc national des calanques, dans les Bouches-du-Rhône, est touché par la pollution aux hydrocarbures…

Mathilde Ceilles

— 

Des agents du conseil de territoire ont procédé au nettoyage de la calanque de Sormiou à Marseille
Des agents du conseil de territoire ont procédé au nettoyage de la calanque de Sormiou à Marseille — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Plusieurs calanques sont touchées par un épisode de pollution aux hydrocarbures.
  • Une opération dépollution s’est déroulée ce vendredi à Sormiou.
  • Le phénomène serait moins important que dans le Var selon le préfet.

Des hommes en combinaison qui grattent méticuleusement la plage avec leurs râteaux et pelles, pour ramasser des boulettes d’hydrocarbures, le tout sur une plage d’un parc national. La scène qui s’est jouée ce vendredi matin dans la calanque de Sormiou, à Marseille, a un amer goût de déjà-vu.

Il y a quinze jours déjà, dans le Var, des centaines de personnes étaient à pied d’œuvre pour enlever du littoral les nombreuses galettes d’hydrocarbures qui jonchaient le sol. Parmi les zones touchées se trouve le parc national de Port-Cros. Désormais, c’est au tour de plusieurs calanques des Bouches-du-Rhône d’être touchées par cette pollution, vraisemblablement causée par la collision entre deux navires il y a presque un mois.

« Des bouts de pétrole »

Agenouillé dans ce cadre splendide, Laurent, agent de nettoiement au conseil de territoire de Marseille Provence​, remplit son seau de petites particules noires visqueuses, de quelques centimètres de long. « Ce sont des bouts de pétrole, explique-t-il. Il faut soulever les cailloux, gratter… Il y a pas mal à faire, c’est pour ça qu’on est venu en force. »

Ce vendredi, sur les calanques de Sormiou et Morgiou, une quinzaine d’agents métropolitains ont été mobilisés, aidés notamment de marins-pompiers et de militaires de l’unité de la sécurité civile, une unité constituée de spécialistes mandatée par le préfet pour aider les communes à nettoyer les résidus d’hydrocarbures.

« C’est dramatique »

En parallèle, sept bateaux procédaient, comme la veille, à des reconnaissances en mer. « La pollution doit être traitée rapidement, estime le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout. Le traitement des calanques, avec les parois rocheuses, est plus difficile que sur une plage par exemple. »

Quelques mètres plus loin, Sébastien, un habitué des lieux, ne cache pas son « agacement » face à ce triste spectacle. « C’est dramatique, soupire-t-il. Je viens ici faire de l’escalade, nager l’été. Voir un aussi beau coin touché par cette pollution, voir que ça arrive chez nous… »

« Spectaculaire mais limité »

Les premières nappes d’hydrocarbures ont été repérées il y a plusieurs jours dans les Bouches-du-Rhône. Le préfet se veut toutefois rassurant sur l’ampleur du phénomène : « C’est spectaculaire mais heureusement particulièrement limité. Nous avions prévu de retrouver des boulettes du fait des conditions météorologiques. Parler de marée noire serait inadapté. »

Selon le préfet, cette pollution aux hydrocarbures n’est pas comparable avec la déconvenue que connaissent les voisins varois. « Nous ne minimisons pas cette pollution, mais le phénomène reste modeste, affirme-t-il. La quantité d’hydrocarbures dans le Var est plus importante que la quantité ici, compte tenu de cette quantité d’ores et déjà ramassée. »

« Taper un grand coup »

Il y a une semaine, le président du parc national des calanques Didier Réault réclamait publiquement à l’Etat le déclenchement du plan Polmar. « Nous risquons d’avoir des dégâts très importants, et ça va être une vraie difficulté de nettoyer ces roches accidentées, où poussent des espèces végétales fragiles », disait alors Didier Réault.

« J’ai vu ce qu’il s’est passé dans le Var, j’ai eu ma collègue du parc national de Port-Cros, explique-t-il. Je me suis dit qu’il fallait taper un grand coup et réagir face à une certaine inertie de l’Etat la semaine dernière. Depuis, le préfet a pris les choses en mains et nous échangeons dans le cadre de la cellule de crise. »

« Le plan Polmar n’est pas justifié »

« On ne peut pas parler d’inertie de l’Etat, réfute Pierre Dartout. La réponse de l’Etat n’est pas tardive, elle est adaptée à la menace que nous avons traitée quand celle-ci s’est produite. La pollution en mer a été ramassée avec des épuisettes. Les boulettes qui n’ont pas été repérées se retrouvent au sol et nous procédons au nettoyage. »

Et d’affirmer : « Le plan Polmar n’est pas justifié. J’ai déclenché dans ma carrière un plan Polmar. C’était en 2002 : les plages de Saint-Jean-de-Luz étaient noires (après le naufrage du pétrolier « Le Prestige »). Ce n’est pas la même situation. » Outre Marseille, les communes de La Ciotat et de Port-de-Bouc sont touchées par le phénomène, selon un communiqué de la préfecture.

​​​​