Jacob Karhu a passé sept mois à près de 1 700 m d'altitude, dans les Pyrénées ariégeoises.
Jacob Karhu a passé sept mois à près de 1 700 m d'altitude, dans les Pyrénées ariégeoises. — Jacob Karhu Facebook

INTO THE WILD

VIDEO. Pyrénées: Jacob, ermite des temps modernes, a passé sept mois seul… En quête d’absolu

Durant sept mois, Jacob Karhu a vécu seul dans un refuge des Pyrénées ariégeoises, vivant, notamment, de ce que la nature lui offrait. Une expérience d’auto-suffisance pour montrer que l’on peut vivre dans un monde déconnecté…

  • Jacob Karhu, un étudiant de l’Ecole normale supérieure, a vécu durant sept mois dans un refuge à 1 700 mètres d’altitude dans les Pyrénées ariégeoises.
  • Durant cette expérience, il a rénové le refuge et vécu le plus possible en harmonie avec la nature.
  • Le jeune homme de 24 ans, spécialiste du bushcraft, a partagé son expérience sur YouTube et compte écrire un livre.

Après sept mois passés à près de 1 700 mètres d’altitude, Jacob Karhu est redescendu il y a dix jours des Pyrénées ariégeoises pour le brouhaha de la vie lyonnaise.

Pas facile pour cet étudiant de l’Ecole normale supérieure, qui avait quitté la civilisation et ses affres quotidiennes, de retrouver aujourd’hui « le bruit et les lumières sursaturées ». « Ça m’a un peu déboussolé au début, je reste en ville la semaine, mais j’ai besoin de repartir en montagne le week-end », raconte le jeune homme de 24 ans.

Retour à un mode de vie simple

Il faut dire que, durant des mois, son quotidien était plus rythmé par la cueillette, ses allers-retours à une source d’eau ou encore l’entretien de la cabane qu’il a investie, plutôt que par ses connexions à Internet.

Et c’était bien l’un des objectifs qu’il s’était fixé lorsqu’il a décidé de s’isoler pour retourner au contact de la nature.

« Je voulais montrer qu’on peut vivre sans être toujours connecté avec le reste du monde. Certaines personnes pensent qu’on ne peut pas revenir à un mode de vie plus simple, mais c’est possible de vivre avec ce que la nature nous offre », assure celui qui a même planché avec des scientifiques sur l’évolution géologique des lieux.

Pour accomplir ce rêve d’absolu, il s’est engagé auprès de la commune de Verdun à restaurer avec des matériaux naturels le refuge d’Artaran où il a logé durant tout ce temps.

Le froid, pire que la solitude

« C’est le froid le pire, le fait de ne pas pouvoir se réchauffer, au début j’ai eu de longues semaines à des températures très basses », explique Jacob qui avait l'électricité pour seul confort moderne, grâce à un panneau solaire.

Pour subsister, les denrées naturelles étant rares à son arrivée, il a eu recours à de la nourriture qu’il avait apportée. Puis, au printemps, il s’est nourri de baies, des légumes qu’il a fait pousser en permaculture et des œufs que ses poules lui offraient.

« Ce qui m’a le plus manqué, ce sont les fruits, notamment des pastèques et des melons », confie ce Robinson des temps modernes qui veut prouver aussi que l’homme peut réduire son empreinte sur la planète.

Au détour de ses pérégrinations en montagne, il a croisé des renards, des fouines, des traces d’ours mais il a aussi pu observer des gypaètes barbus. Et quelques randonneurs aussi, rencontrés parfois lors de ses visites hebdomadaires au plateau de Beille où il profitait du réseau pour appeler ses proches et poster des vidéos sur sa chaîne YouTube.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’isolement n’est pas ce qui lui a le plus pesé. Dans la lignée de ce qu’a pu décrire Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie, Jacob était dans une démarche personnelle. « C’était une expérience pour me comprendre, une étape dans mon développement », explique celui qui espère aussi coucher noir sur blanc ce qu’il a vécu.

Une philosophie qui ne le pousserait pas pour autant à suivre le chemin emprunté par Christopher McCandless, celui dont la vie inspira le film Into the Wild de Sean Penn. Pas question de se couper de la civilisation.

« Je n’ai pas envie de vivre seul, j’ai envie de fonder une famille », assure l’étudiant qui se destine à faire un doctorat au cours des prochaines années. De là à ne plus vivre sa passion du bushcraft, il n’en est pas question. « Mon prochain projet est de refaire une cabane pour moi », assure Jacob Karhu. Nature un jour, nature toujours.