VIDEO. Ajaccio: Une cinquantaine de bateaux ont coulé après la tempête Adrian en Corse

INTEMPERIES Suite à la tempête Adrian, « un nombre très important » de navires de plaisance se sont échoués ou ont écoulé en Corse-du-Sud, selon les autorités...

Mathilde Ceilles
Un bateau échoué sur une plage corse après
Un bateau échoué sur une plage corse après — YANNICK GRAZIANI / AFP
  • La Corse était placée en alerte rouge aux vents violents.
  • De nombreux bateaux ont coulé suite à la tempête Adrian à Ajaccio et dans d'autres ports de la Corse-du-Sud.
  • Ce phénomène peut poser des problèmes de pollution.

Quelques heures après le passage de la violente tempête qui s’est abattue sur la Corse la nuit dernière, les premiers stigmates sont d’ores et déjà visibles. « Un nombre très important de navires de plaisance est soit mis sur la côte soit parti au fond, dans les ports d'Ajaccio, Propriano, Cargèse et, plus à la marge, Porto-Vecchio », affirme Riyad Djaffar, directeur adjoint délégué à la mer et au littoral au sein de la direction départementale des territoires et de la mer de la Corse-du-Sud​.

Le comptage est en cours par les autorités. Selon nos informations, une cinquantaine de bateaux ont notamment coulé la nuit dernière à Ajaccio, dans et à proximité du port Charles-Ornano. « Hier, il y avait plus de 60 bateaux en mouillage sauvage, à l’extérieur du port, explique le capitaine du port Charles Ornano, Jean-Michel Ricco. Ce sont des bateaux qui ont leurs propres bouées sur lesquelles ils s’accrochent. Et avec le vent et la houle, ils se sont fracassés sur la jetée. Une quarantaine a coulé. »

« Incivilité »

Pour Jean-Michel Ricco, cette situation relève de « l’incivilité » des propriétaires de ces bateaux. « Cela fait plusieurs jours que la météo annonçait une forte houle, et on ne laisse pas son bateau en mouillage en pleine tempête, il n’est pas en sécurité. Même nous, au port, on a eu du mal : cinq bateaux ont coulé. On n’y peut rien. Face à des vagues de trois mètres, c’est impossible à gérer. »

« Le propriétaire d’un navire est censé regarder la météo et mettre son bateau en sécurité, rappelle Riyad Djaffar. Mais comme dans d’autres endroits de Méditerranée, il y a un manque de places dans certains ports. Les propriétaires des navires, en raison de cette pénurie ou par souci économique, préfèrent donc laisser leurs bateaux au mouillage. Mais ils sont particulièrement exposés et se retrouvent emportés. C’est un problème de culture. Avec le dérèglement climatique, il va falloir changer les pratiques. » Et de s’interroger : « Je doute que les assurances fonctionnent quand on laisse son bateau en mouillage en pleinte tempête. »

Pollution aux hydrocarbures

Or, ces bateaux immergés peuvent poser problème. « Ils ont coulé avec le réservoir plein, donc il y a un risque de pollution aux hydrocarbures », craint Jean-Michel Ricco. « Nous sommes en phase d’évaluation des dégâts, tempère Riyad Djaffar. Viendra ensuite le temps de la dépollution avec plusieurs gammes d’actions à mettre en œuvre. On peut laisser faire la nature et l’effet de brassage pour les carburants peu polluants, comme l’essence, majoritairement utilisé. S’il y a une pollution aux hydrocarbures, nous déploierons des barrages. » Les bateaux à moitié immergés peuvent de plus poser des problèmes de navigation.

Outre les bateaux coulés, les nouvelles épaves échouées sur les plages préoccupent les autorités. « C’est un danger pour les promeneurs, explique Riyad Djaffar. Il suffit qu’un enfant se mette dessus, il peut tomber sur un élément coupant. Il faut donc lancer les procédures d’enlèvement qui, normalement, sont à la charge du propriétaire du navire. » Ce lundi, la Corse-du-Sud avait été classée pour la première fois de son histoire en alerte rouge aux vents violents.