Alpes-Maritimes: Les agents du parc du Mercantour s'indignent de tir d'effarouchement du loup

LOUP Des autorisations ont été données aux éleveurs afin de procéder à des tirs d’effarouchement contre le loup…

20 Minutes avec AFP

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Un loup gris, l'espèce la plus répandue. Illustration.
Un loup gris, l'espèce la plus répandue. Illustration. — Superstock / Superstock / Sipa
  • La préfecture des Alpes-Maritimes a autorisé les tirs d’effarouchement du loup dans le Parc national du Mercantour jusqu’au 15 novembre.
  • Le personnel du Parc a présenté sa démission face à une décision qu’il juge « unilatérale ».

Le personnel du Parc national du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes, montent au créneau. Ils protestent contre une autorisation donnée aux éleveurs pour procéder à des tirs d’effarouchement du loup. Ils ont ainsi adressé leur démission ce jeudi au comité technique du Parc.

Dans une lettre adressée à leur directeur, les huit représentants syndicaux mettent en cause « la décision unilatérale » prise par ce dernier d’autoriser, pour une durée d’un mois entre le 15 octobre et le 15 novembre, des opérations d’effarouchement, notamment par le biais de pétards. Une décision prise, indiquent-ils, « malgré l’avis contraire du Conseil scientifique du parc et sans consultation du personnel ».

Crédibilité

« Cette décision impacte directement notre crédibilité sur le territoire auprès de tous les acteurs et bien au-delà. Les missions de police visant à assurer la quiétude du cœur et la préservation du sauvage, les missions de sensibilisation à l’environnement et, d’une manière générale, une grande partie des missions visant à l’accompagnement de nos partenaires sont aussi impactées par votre choix », écrivent les représentants syndicaux.

La décision d’autoriser, selon une procédure stricte, l’emploi de pétards contre les loups a été prise à la suite d’une demande formulée le 9 octobre par le préfet des Alpes-Maritimes. Le directeur du Parc a répondu favorablement à cette requête « compte tenu de la demande de la profession agricole » et « considérant la courte durée d’un mois de l’expérimentation », est-il écrit dans sa réponse au préfet.

Prédation très importante

Une décision « scandaleuse » selon l’association de défense des grands prédateurs Ferus : « le cœur de parc devrait être un sanctuaire, c’est une zone dans laquelle on ne peut même pas venir avec son chien et où on n’a pas le droit de faire du bruit », s’indigne Patrick Boffy, son vice-président. « On a peur que ça soit un premier pas vers la possibilité de tirer le loup dans le cœur du parc », ajoute-t-il.

La préfecture assure de son côté que ces opérations d’effarouchement ont pour but, dans une zone où les tirs létaux sont prohibés et où les troupeaux sont victimes d’une prédation très importante, de contraindre le loup à aller chasser ailleurs et d’éviter de dénaturer l’essence même du pastoralisme dans la région.

En France, les tirs de prélèvement (pour tuer l’animal), relevés cette année à 51 loups dont 45 ont déjà été effectués, ne sont pas autorisés dans la zone cœur du Parc national du Mercantour.