Alsace: Au salon de l'inondation, des solutions pour tenter d'éviter, chez vous, les dégâts

INTEMPERIES A Brumath (Bas-Rhin) se tient un troisième salon de l'inondation ce week-end. A cette occasion, «20 Minutes» a demandé à des professionnels comment se préparer et se protéger...

Bruno Poussard avec Alexia Ighirri

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Dans l'Aude, les récentes inondations ont fait 14 morts, des dizaines de blessés et de vastes dégâts.
Dans l'Aude, les récentes inondations ont fait 14 morts, des dizaines de blessés et de vastes dégâts. — P. Rodriguez / Sipa.
  • Dix jours après les dramatiques inondations dans l’Aude, un salon de l’inondation se tient à Brumath (Bas-Rhin) ce week-end.
  • A cette occasion, « 20 Minutes » a demandé à des professionnels comment se préparer et se protéger.
  • Parmi les pistes : identifier en amont des faiblesses de son habitation, réfléchir à l'aménagement de son jardin, poser des panneaux pour empêcher l’eau de passer ou encore suivre correctement les prévisions météorologiques.

Dans l’Aude, les dramatiques inondations du 14 octobre ont entraîné la mort de 14 personnes. Et la montée des eaux a fait des dizaines de blessés et causé de très vastes dégâts. Ces derniers mois, l'Alsace a aussi été victime de telles intempéries, lors des épisodes orageux du printemps. Mais ces événements pourraient être de moins en moins rares à l’avenir, face au réchauffement climatique.

Dans ce contexte, le Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle (SDEA) organise le troisième salon de l'inondation à Brumath (Bas-Rhin) ce week-end. Face à des « dispositifs individuels de protection » jugés « méconnus », le SDEA souhaite informer, sensibiliser et permettre au grand public de prendre conscience des risques. Mais comment se préparer à faire face, justement ? Voici quelques pistes trouvées auprès des exposants.

Identifier en amont les faiblesses de son habitation. « Selon le Giec, en France, un habitant sur quatre risque d’être impacté », attaque Eric Bourguignon. Fondée il y a plus de dix ans en Belgique, son entreprise  Hydroprotect fait de la fabrication et de l’installation d’équipements adaptés, mais aussi de l’expertise pour se préparer, en amont, aux risques. Dans l’idée d’empêcher l’eau d’entrer, ou mieux la refouler.

A partir d’études de topographie ou d’urbanisme, le Belge propose des digues artificielles autour des habitations ou des dispositifs sur leurs portes, fenêtres… Mais dans l’idéal pour lui, il faut l’anticiper avant de construire. « Ça revient moins cher que les dégâts, insiste Eric Bourguignon. Par exemple, bétonner autour des maisons empêche l’eau de s’écouler. Puis il y a solutions passives, comme les murs végétalisés. »

Des solutions à creuser dans son jardin. A l’échelle du jardin, on parlera plutôt d’aménagement pour faciliter l’infiltration de l’eau à la parcelle. « On parle de génie civil, mais le génie écologique est aussi une réflexion à apporter. Cela fait partie de tout un travail sur l’écoulement de l’eau », estime Philippe Ludwig, dirigeant de Mon jardin nature à Plobsheim, regrettant la tendance à l’imperméabilisation des sols. La première de ses astuces pour faciliter l’infiltration de l’eau est donc assez simple : « Augmenter la largeur des joints et les végétaliser. Ou alors mettre un nouveau revêtement semi-dur, un mélange terre-pierre (terre végétale et gravier). On peut enherber avec du thym serpolet ou du trèfle nain ».

Autre solution selon le professionnel : la plantation de haies, mais en variant les espèces d’arbustes de la région : « Chaque végétal a son propre système racinaire. Et les haies peuvent arrêter des eaux boueuses », complète-t-il. Là encore pour l’argument des racines, Philippe Ludwig préfère la multiplication des plantes plutôt que des zones de terres nues ou du gazon uniforme. « Et plus il y a de végétaux différents, plus il y a de vie dans le sol. Or les galeries des vers aèrent le sol ce qui lui donne une meilleure capacité à capter les eaux de pluie ». Et si vous êtes ouvert à l’idée de jouer avec la présence de l’eau dans votre jardin, le Bas-Rhinois encourage le creusement de mare dans la parcelle, « avec les insectes présents pour manger les moustiques ».

Installer des panneaux pour empêcher l’eau de passer. Et s’il n’y a pas eu d’anticipation avant la construction ? Il est toujours possible de protéger ses biens immobiliers. La preuve avec l'entreprise mulhousienne Colurex, le distributeur officiel depuis une dizaine d’années de la solution Collad’eau, mise au point par le Nîmois José Collados. La solution ? Des panneaux anti-innondation à installer aux ouvertures (porte, portail, garage, fenêtres, etc.), « avec une structure en aluminium autour duquel on gonfle un joint qui assure l’étanchéité, décrit Hervé Cleroux, dirigeant de Colurex. L’intérêt c’est que le panneau est facile à mettre en place, seul chez soi, sans outil. »

Selon les cas, il est possible de disposer les panneaux les uns à côté des autres pour former une barrière, et d’éventuellement ajouter des renforts à l’arrière. « Il n’y a pas de souci de longueur, on peut le faire sur 100 mètres de long si besoin. Mais en hauteur on se limite généralement autour d’un mètre. Parce que plus c’est haut et plus le devis augmente aussi », souligne Hervé Cleroux.

Les prévisions météo à surveiller sans les minimiser. Le débat a surgi dans l'Aude, où certains météorologues ont remarqué une «banalisation de la vigilance orange». « Les gens n’y prêtent plus trop attention », confirme Christophe Mertz. Derrière Atmo-risk en Alsace, il fait justement de la prévision de proximité, pour les collectivités ou les entreprises mais aussi le grand public, sur Facebook.

Une carte régionale de prévisions locales des risques fournie par Atmo-Risk.
Une carte régionale de prévisions locales des risques fournie par Atmo-Risk. - Document remis / Atmo Risk.

Regrettant « l’automatisation des prévisions » et « la perte d’information locale expertisée », Christophe Mertz veut, lui, prévenir les habitants le plus précisément et de manière la plus actualisée possible lorsqu’une alerte concerne leur région. « Quand de fortes pluies sont attendues, on précise dans nos statuts où est l’orage par exemple », illustre-t-il.