Des microplastiques ont été retrouvés dans les excréments humains

ETUDE Des chercheurs autrichiens estiment que la moitié de la population de la planète, et probablement bien plus, présente des traces de microparticules de plastique dans son système digestif...

20 Minutes avec agence

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Illustration de bouteilles en plastique
Illustration de bouteilles en plastique — CHAMUSSY/SIPA

Dans le cadre d’une étude, des chercheurs autrichiens ont détecté des traces de microplastiques dans les selles de huit participants aux régimes alimentaires et aux lieux d’habitation différents. Les sujets étudiés vivaient en Italie, en Finlande, en Pologne, au Royaume-Uni, en Autriche, en Sibérie (Russie), au Japon et aux Pays-Bas.

Les résultats présentés ce mardi au congrès de l’Union européenne de gastro-entérologie à Vienne montrent que les aliments consommés par les volontaires contenaient du plastique. Et le phénomène irait bien au-delà des participants à l’expérience.

Contamination à grande échelle

Pour Philip Schwabl, auteur principal des travaux relayés par Le Monde, c’est en réalité, au très grand minimum, la moitié de la population mondiale dont l’organisme serait contaminé par de minuscules particules de plusieurs matériaux plastiques.

La taille de celles qui ont été détectées chez les huit participants varie entre 50 microns et 0,5 millimètre. Mais c’est l’étendue de la contamination au plastique qui préoccupe le plus les chercheurs.

Trop peu de participants

En effet, l’ensemble des échantillons étudiés étaient positifs, avec une quantité de microparticules allant de 18 à 172 pour 10 grammes d’excréments. Quant à la nature des plastiques présents dans le système digestif, elle est variée puisque neuf des dix types de molécules recherchées ont été retrouvés chez les sujets.

Interrogés par le quotidien sur les causes d’une telle présence de plastique dans l’organisme, les chercheurs indiquent n’avoir aucune certitude en raison d’un nombre trop peu élevé de personnes étudiées. Ils évoquent cependant l’hypothèse de la contamination des aliments pendant leur confection. La consommation de produits de la mer peut aussi être une explication : six des participants en avaient consommé pendant l’étude.