Ramassage de déchets aux abords du Parlement européen à Strasbourg contre l'utilisation des produits plastiques jetables ce mardi matin.
Ramassage de déchets aux abords du Parlement européen à Strasbourg contre l'utilisation des produits plastiques jetables ce mardi matin. — B. Poussard / 20 Minutes.

DECHETS

Strasbourg: Un nettoyage devant le Parlement avant un vote contre les plastiques jetables

A la veille du vote d’une directive visant à réduire l’utilisation des produits plastiques jetables, comme les bouteilles ou les couverts, des associations ont organisé une action devant le Parlement européen à Strasbourg…

  • Présentées fin mai par la Commission européenne, des mesures contre le plastique jetable seront votées au Parlement à Strasbourg ce mercredi.
  • Couverts, pailles, bouteilles, gobelets ou filets de pêche sont concernés par de possibles interdictions ou taxes dans les pays de l’Union.
  • Alors que le débat s’annonce vif dans l’hémicycle, des militants de plusieurs ONGs européennes ont ramassé les déchets devant le Parlement.

Au niveau européen, la législation est déjà drastique à l’encontre des sacs plastiques. Face à la pollution des océans, notamment, l’Union s’intéresse désormais à d’autres produits plastiques jetables. Présentées fin mai par la Commission européenne, de nouvelles mesures seront votées au Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin) ce mercredi.

Afin d’encourager les députés à voter une directive ambitieuse, des représentants de la coalition d’ONGs européennes #BreakFreeFromPlastic se sont regroupés devant le Parlement à leur arrivée ce mardi. Aux côtés des pancartes tenues par des bonshommes de plastique, d’autres militants ont organisé un petit nettoyage des abords de l’institution.

Accompagnés d’eurodéputés, dont l'écologiste Yannick Jadot et la socialiste Isabelle Thomas, ces membres de Plastic Soup ou du World Clean Up Day ont rempli près de dix sacs en 30 minutes. « La moitié sont des déchets plastiques, illustre Anna Gril. Là, on les ramasse dans la rue, mais 80 % des déchets trouvés dans les océans viennent des continents. Il faut arrêter l’hémorragie. »

Couverts, pailles, mégots ou filets de pêche concernés

La pollution des mers (à 70 % d’origine plastique), l’exécutif européen veut désormais la combattre à la source avec ce texte. D’où sa volonté de réduire l’utilisation du plastique à usage unique. Sont concernés les couverts, les pailles, les assiettes, les bouteilles, les mégots, les filets de pêche, les mélangeurs de boissons, les bâtons de cotons-tiges ou les gobelets. A différents niveaux.

La directive vise à donner la possibilité aux Etats membres d’interdire, de taxer ou d’obliger à réduire ces objets jetables, mais aussi à demander des informations claires sur les étiquettes de produits contenant du plastique, comme ceux d’hygiène. Ou encore à impliquer financièrement les industriels de la production de plastique face au coût nettoyage rendu obligatoire.

Le débat au Parlement s’annonce pourtant vif. « Malheureusement, j’ai des collègues en osmose avec le secteur industriel », précise la Belge Frédérique Ries, rapporteuse de la directive. Les Italiens ne veulent pas globalement toucher aux assiettes et aux couverts. Et en Allemagne, certains se sont découvert une passion pour les ballons en plastique. » La députée reste sereine :

« J’ai réussi à noyauter une telle majorité derrière moi - dans tous les groupes sauf, peut-être, le PPE [le Parti populaire européen, de droite et de centre-droit] -, que je n’ai pas trop d’inquiétude. »

 

Le plastique aussi impliqué dans le réchauffement climatique

« Depuis la formulation de la proposition, on suit les débats, on essaye d’influencer les parlementaires », reprend Laura Châtel, chargée de campagne pour Zero Waste France. Les associations espèrent que le texte ne laissera pas de failles, en définissant bien les produits plastiques et l’usage unique (pour qu’ils intègrent les bioplastiques, par exemple).

« Sur le plastique, il y a une forte prise de conscience, une sensibilité de la population aux dégâts de la pollution, estime Yannick Jadot qui rêve de voir les bouteilles en verre (consignées) revenir à la mode. A nous, législateurs, d’agir. » Laura Châtel nuance : « Mais il y a encore une méconnaissance autour du lien entre le plastique, issu de la production pétrolière, et le réchauffement climatique. D’où l’urgence ! »