Illustration d'un parc éolien off-shore au Danemark, alors qu'il n'existe pas encore de tels parcs en France.
Illustration d'un parc éolien off-shore au Danemark, alors qu'il n'existe pas encore de tels parcs en France. — ANGOT/SIPA

PLANETE

VIDEO. Fos-sur-Mer: Une ferme d'éoliennes innovante pour que la région soit dans le vent

Un projet d’éolien flottant est en cours d’élaboration au large de Fos-sur-Mer, alors que le gouvernement doit rendre sa feuille de route énergétique…

  • A Fos-sur-Mer, un projet pilote pourrait permettre de tester in situ l'éolien flottant.
  • Ces éoliennes se trouvent au large des côtes, ce qui rend leur acceptation plus simple.
  • La région Paca attend un signal fort du gouvernement pour pouvoir développer cette technologie.

Imaginez : trois éoliennes, hautes de 175 mètres chacune, flottant au large du phare de Famaran, à 17 kilomètres des côtes de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Ce qui peut sembler fantaisiste aujourd’hui pourrait pourtant rapidement sortir de terre, grâce au projet Provence Grand Large, développé depuis plusieurs années par Edf Energies Nouvelles. Selon nos informations, une enquête publique sur ce dossier est en cours jusqu’au 29 octobre.

Alors que la France s’apprête à rendre sa future feuille de route énergétique, le projet Provence Grand Large pourrait constituer une étape clé dans l’objectif d’essor des énergies renouvelables du gouvernement fixée par la loi de transition énergétique de 2015.

« Loin des côtes »

Le projet Provence Grand Large correspond en effet à une ferme pilote. Chaque éolienne est amarrée au fond de la mer, sur des flotteurs, et tenue par des câbles. Ce triptyque d’éoliennes, installé sur un km2, pourrait fournir jusqu’à 28 kilowatts.

L’objectif de cette ferme est de pouvoir tester l’éolien flottant in situ afin de développer  ensuite à une plus grande échelle l’exploitation commerciale de ce système encore peu répandu. Le site de Fos-sur-Mer serait idéal pour ce type d’éoliennes, à en croire Philippe Maurizot, conseiller municipal LR de la ville et vice-président de la commission « Industrie, Innovation, Nouvelles technologies et Numérique » au sein du conseil régional.

500 emplois directs

« C’est le deuxième meilleur gisement en Europe en termes de puissance et de régularité de vent », affirme l’élu. Philippe Maurizot ambitionne de faire de la région Paca la première base de l’éolien offshore de Méditerranée, dans la construction comme la maintenance des éoliennes. Outre les caractéristiques météorologiques et topographiques favorables à l’éolien flottant, la région présenterait un écosystème pouvant aider au développement de cette filière, du port de Marseille à certaines grandes écoles de la région formant à ces métiers. Le secteur est de plus porteur d’emplois. Le projet Provence Grand Large vise à créer 500 emplois directs, et autant d’indirects.

Autre avantage : la discrétion de l’installation, qui peut expliquer la faible contestation que cette ferme a connue jusqu’alors, y compris du côté de Daniel Moutet, président de l'association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos. « C’est un très bon projet, s’enthousiasme-t-il, car il ne présente aucune nuisance, pas de bruit, pas contrainte, comme il est loin de la côte. Seuls peut-être ceux qui pêchent le thon au large peuvent être un peu gênés, mais c’est une minorité. »

En attente du gouvernement

Désormais, pour développer cette technologie, les regards se tournent du côté du gouvernement et de sa programmation pluriannuelle de l’énergie. La région Paca attend en en effet coup de pouce indispensable. Dans un « appel pour la Méditerranée », qu’elle a cosignée, le conseil régional demande que le littoral méditerranéen « puisse bénéficier d’une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ambitieuse – par le biais d’appels d’offres commerciaux réguliers programmés - à hauteur de 3 GW en service à horizon 2030 – et d’un soutien à l’émergence rapide des projets. » D’autant que dans cette course, la région Paca n’est pas la seule sur la ligne de départ :  la Bretagne a également fait valoir ses atouts. 

« Nous avons tous fait pour faire le forcing devant le gouvernement, explicite Philippe Maurizot. EDF ne va pas s’engager si l’enveloppe n’est pas suffisante ou la politique pas assez ambitieuse, cela ne sera pas rentable. » L’investissement dans ce type de projets reste coûteux : pas moins de 200 millions d’euros ont été déboursés pour que puissent flotter les trois éoliennes de Provence Grand Large. Le début des travaux est annoncé pour 2019.

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