Toulouse: La Garonne en état d’urgence, victime du réchauffement climatique

ENVIRONNEMENT Une semaine après le rapport choc rendu par le Giec, ce comité d’experts scientifiques sur le climat, une conférence est organisée ce lundi soir pour évoquer les conséquences du réchauffement climatique sur la Garonne…

Beatrice Colin

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Toulouse le 18052008

Garonne nature vegetation espaces verts debit.
Toulouse le 18052008 Garonne nature vegetation espaces verts debit. — A.GELEBART/20MINUTES
  • En 2050, les étés des Toulousains ressembleront à ceux vécus aujourd’hui par les Madrilènes.
  • Une surchauffe du thermomètre qui ne sera pas sans conséquence sur la Garonne, qui fournit aujourd’hui l’eau potable des Toulousains mais aussi l’une des ressources principales pour irriguer les nombreuses terres agricoles de la région.

Des périodes de précipitations intenses, comme celle que vit le département de l'Aude, alternées à des périodes de sécheresse. Le réchauffement climatique et ses conséquences n’épargneront pas l’Occitanie à l’avenir.

En 2050, les étés des Toulousains ressembleront à ceux vécus aujourd’hui par les Madrilènes. Le Sud-Ouest verra la températures grimper au-delà des 1,5 °C annoncés il y a encore peu.

Une surchauffe du thermomètre qui ne sera pas sans conséquence sur la Garonne, qui fournit aujourd’hui l’eau potable des Toulousains mais aussi l’une des ressources principales pour irriguer les nombreuses terres agricoles de la région.

Baisse de 60 % de l’enneigement en 2050

« Nous allons être confrontés à de très longues périodes de sécheresse sans avoir la capacité de réalimenter. Nous savons qu’au minimum, il y aura 60 % d’enneigement en moins, c’est une partie du soutien d’étiage au printemps que nous n’aurons plus. La Garonne est en état d’urgence », affirme sans détour Guillaume Choisy, le directeur général de l’Agence de l’eau Adour-Garonne.

Une semaine après le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui tire la sonnette d’alarme, son organisme organise avec l’Etat une conférence sur l’avenir de la Garonne.

Stockage et économies

Il s’annonce d’ores et déjà en eaux troubles. La température de l’eau augmentant, la toxicité va se développer, ce qui va poser des problèmes de dépollution pour pouvoir continuer à alimenter en eau potable les habitants du bassin.

Mais aura aussi des conséquences nuisibles sur la faune et la flore. Pour anticiper ces fléaux et faire face aux baisses de débit du fleuve, estimé à 50 % l’été, les acteurs publics sont déjà à pied d’œuvre. Cela passe par la reconstitution de zones humides, en bord de Garonne ou à l’optimisation et création de barrages.

Une douzaine de projets sont déjà actés et devraient permettre de stocker sur le bassin Adour-Garonne près de 60 millions de m3 d’eau supplémentaires. Mais les solutions passent aussi par la réduction des consommations, d’autant que près de 1,3 million de personnes de plus sont attendues sur le territoire d’ici 2030.

A Toulouse, un projet de réutilisation des eaux usées pour arroser les zones publiques, notamment les stades est ainsi à l’étude, ainsi que son exploitation pour, une fois épurée, laver des vêtements industriels.