Nouvelle-Aquitaine: Des «pouponnières» de poissons étudiées dans le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde

ENVIRONNEMENT Le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis prélève des espèces dans cinq nourriceries, des zones où se développent les jeunes poissons, jusqu’au 20 octobre…

Elsa Provenzano

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Une pêche scientifique va être menée à cinq endroits du parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis.
Une pêche scientifique va être menée à cinq endroits du parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis. — Cécile Barreaud / Agence Française pour la biodiversité
  • Une première pêche scientifique est réalisée sur le parc marin de l’estuaire de la Gironde, pour recenser les populations de jeunes poissons.
  • Elle va permettre de mieux connaître l’état des nourriceries, ces pouponnières où se développent les petits poissons plats et les raies.
  • Un suivi va être mis chaque année et complétera les travaux réalisés par l’Ifremer.

C’est une pêche d’un genre particulier qui est menée sur le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis jusqu’au 20 octobre. Les équipes procèdent à la première pêche scientifique, puisque le parc vient d’être créé en 2015, sur cinq nourriceries côtières.

C'est la première opération d'échantillonnage réalisée sur le parc naturel marin.
C'est la première opération d'échantillonnage réalisée sur le parc naturel marin. - Cécile Barreaud / Agence Française pour la biodiversité.

Ces zones sablo-vaseuses, abritées des forts courants et riches en micro-algues représentent un écosystème propice au développement des jeunes poissons plats et des raies. « Le parc abrite 60 % des zones de nourriceries de la façade Atlantique, on a donc une responsabilité importante », pointe Yohan WeilCeler, chargé de mission pêche et cultures marines au sein du Parc.

Surveiller les populations de poissons

Si l’Ifremer réalise déjà des suivis, ce sont sur des zones plus profondes. Ici des échantillons vont être prélevés grâce à un chalut prêté par le parc naturel marin de la mer d’Iroise dans 30 centimètres à 1,50 mètre d’eau maximum. « Une fois collectées, les espèces sont mesurées et pesées. On cherche à obtenir un indice d’abondance en relevant un pic d’individus autour d’une certaine taille, explique Yohan Weiller. Cela nous permettra de voir les années suivantes s’il y a un retard de croissance ou si la taille a augmenté, dans une population. » L’opération lancée cette année sera en effet répétée annuellement. Ces suivis pourront compléter les études déjà réalisées par l’Ifremer.

Première oblige, l’équipe ne sait pas trop à quoi s’attendre. Elle va échantillonner tout ce qu’elle trouve (céteaux, soles, raies, crevettes, groseilles de mer, méduses, etc.) « On cherche à faire la cartographie la plus précise possible, précise Yohan Weiller. Et un indice sur l’état de santé des stocks de populations halieutiques. »

Les préconisations du parc, en fonction des observations qui vont être réalisées, ne concerneront que la pêche locale. « Pour la sole par exemple, son aire de répartition s’étend sur tout le Golfe de Gascogne, donc on pourra seulement fournir des indices sur leur présence sur le Parc », explicite le chargé de mission pêche.

Ce travail du Parc naturel marin va permettre d’en apprendre davantage sur les pouponnières que sont ces nourriceries et qui sont aujourd’hui méconnues.