Bretagne: Avec l’Ifremer, comptez les jeunes poissons et aidez les à s’échapper des filets des pêcheurs

OCEAN Les scientifiques travaillent sur des filets plus sélectifs laissant s’échapper les juvéniles...

Camille Allain

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Illustration d'un bateau de pêche remontant ses filets.
Illustration d'un bateau de pêche remontant ses filets. — Split / SIPA
  • L’Ifremer planche sur des filets de pêche plus sélectifs qui limitent les prises de poissons de petite taille.
  • Les scientifiques aident les pêcheurs à préserver la ressource en développant des mailles différentes. Les gains sont parfois de 50 % sur la mortalité des bébés poissons.
  • L’Ifremer invite la population à venir compter les poissons déserteurs sur des vidéos samedi à Lorient.

Parfois accusés de piller les océans ou de racler les fonds marins, certains marins-pêcheurs tentent pourtant d’améliorer leurs pratiques pour limiter leur impact sur l’environnement. Le salut passera peut-être par leurs filets. A Lorient (Morbihan), les chercheurs de l’Ifremer travaillent depuis quelques années sur de nouveaux filets plus sélectifs qui épargneraient les jeunes pousses.

Samedi, à l’occasion de la Fête de la science, ils invitent la population à les aider à compter les poissons qui s’échappent des chaluts pour faire avancer leurs recherches. Explications.

Des techniques qui limitent les prises de petits

Imaginez un filet de pêche aux mailles carrées et non pas en losanges. Facile. Imaginez alors que ce changement en apparence tout simple puisse chaque jour sauver la vie de dizaines de milliers de jeunes poissons. « On a démontré qu’avec les mailles carrées, les juvéniles s’échappaient plus facilement », assure Pascal Larnaud, responsable de la station Ifremer de Lorient.

Un système de maille tournante baptisé T90 a également été mis au point avec les pêcheurs. « Il permet de réduire les captures de juvéniles de 50 % », poursuit le scientifique. Les plus petits églefins, grondins ou tacauds restent ainsi en mer.

Filmer les poissons qui s’échappent

En Bretagne, plusieurs compagnies de pêche ont déjà opté pour cette solution peu coûteuse. L’enjeu est de taille pour la profession: en pêchant mieux, les chalutiers s’évitent un tri fastidieux qui altère la fraîcheur du poisson. Surtout, il permet de laisser à l’eau les futures prises encore trop petites pour être consommées, et d’éviter de les tuer. « Le rendement maximal durable », dans le jargon.

Pour confirmer l’efficacité de ses travaux, l’Ifremer a d’abord entrepris de mesurer les rejets inutiles à bord des chalutiers, comparant les poissons capturés dans les différents filets. Mais l’institut scientifique s’est également doté de caméras sous-marines permettant de filmer les poissons s’échappant du piège en direct. « Nous avons mis au point un puissant logiciel qui nous permet de les compter. Mais nous avons besoin de le calibrer », poursuit Pascal Larnaud.

Pour étalonner son système informatique, l’Ifremer invite la population à venir l’aider à compter les poissons rescapés ce samedi, dans le cadre de la Fête de la science. « Nous analyserons des vidéos de sorties en mer pour voir combien de spécimens en réchappent. » Ouvert aux enfants comme aux adultes, cet atelier aura en plus l’avantage d’éveiller les consciences sur les dangers de la surpêche.