Marseille: Une «zone réduite d’émission» polluante autour du Vieux-Port, mais le chemin reste long

POLLUTION Marseille fait parti des quinze territoires a s’être engagés sur la mise en place d’une zone réduite d’émission polluante d’ici 2020…

Adrien Max

— 

Des automobilistes circulent sous un panneau de limitation de la vitesse, réduite à 70km/h en raison de la canicule qui augmente les risques de pollution à l'ozone, sur l'autoroute du Littoral à Marseille, le 18 août 2009.
Des automobilistes circulent sous un panneau de limitation de la vitesse, réduite à 70km/h en raison de la canicule qui augmente les risques de pollution à l'ozone, sur l'autoroute du Littoral à Marseille, le 18 août 2009. — AFP PHOTO / GERARD JULIEN
  • Avec quinze autres territoires, la métropole s’est engagée sur la mise en place d’une zone réduite d’émission polluante d’ici deux ans.
  • Alexandre Gallèse, délégué à la stratégie environnementale d’Aix-Marseille métropole annonce que cette zone concernera le centre-ville de Marseille.
  • Il compte s’attaquer à la livraison de marchandise dans le centre, et à la pollution des bateaux.
  • Pour FNE13 d’autres mesures telles que la mesure Crit’Air doivent être mises en place.

L’Etat s’est fait gronder. Menacée d’une condamnation européenne en matière de pollution de l’air, le gouvernement n’avait pas d’autres choix. Quinze territoires se sont donc engagés à créer ou renforcer des « zones à faibles émissions » (ZFE) polluantes. Parmi ces quinze territoires figure  Marseille et sa métropole.

« Il s’agit d’un engagement réciproque entre nos territoires et l’Etat pour la mise en place d’action concrète sur des zones définies, pour réduire les émissions polluantes », explique Alexandre Gallèse, délégué à la stratégie environnementale d’Aix-Marseille métropole.

« Du sens derrière tout ça »

Pour Richard Hardouin, vice-président de France Nature Environnement 13 (FNE), il serait temps d’aller dans le concret. « Il y a déjà le plan de protection de l’atmosphère mais l’Union Européenne ne s’est pas laissé endormir, elle veut désormais des actes et des engagements. Il y a une signature, il faut désormais veiller à ce qu’il y ait du sens derrière tout ça », considère-t-il.

La métropole travaille à l’élaboration du périmètre, même s’il est très probable qu’il s’agisse du centre-ville de Marseille. « Nous travaillons sur une zone autour du Vieux-Port mais beaucoup de concertations restent à être menées et elle pourrait très bien s’élargir au fur et à mesure », détaille l’élu.

Livraison de marchandise

Parmi les mesures étudiées, la première concernerait la livraison de marchandise dans le centre de Marseille. « C’est notre priorité, il s’agit bien souvent de camion diesel qui sont en transit. Mais la métropole n’a pas la compétence de police, que la ville a, et sans contrôle tout cela ne sert à rien », considère Alexandre Géllèse.

Il souhaite également s’atteler aux plus vieux véhicules, mais un audit est nécessaire. « Il s’agit bien souvent des ménages les plus pauvres, ou des retraités, qui circulent avec les plus vieilles voitures. Il faudra veiller à être juste. Les bénéfices de cette interdiction seront étudiés avec Atmosud également », prévient-il.

Contrainte nécessaire

Même si la problématique des bateaux de croisière ne se situe pas directement dans le centre-ville, leur pollution l’impact sans aucun doute. Pour cela la métropole souhaite développer d’avantage l’électrification à quai. Mais pour Richard Hardouin, il faut aller plus loin. « Les seuils de teneur en souffre du fioul sont actuellement à 1,5 %. Ils passeront à 0,5 % en 2020, mais ce n’est pas suffisant. Nous demandons qu’ils soient rabaissés à 0,1 % le plus rapidement possible. Pour les véhicules diesel, c’est 0,01 % à titre de comparaison. »

Concernant les véhicules, la vignette Crit’air doit être mise en application, comme à Paris et à Grenoble, pour le vice-président de FNE13. « Il faut que la ville refuse l’entrée à certains véhicules lorsque les seuils d’information ou d’alerte à la pollution de l’air sont dépassés. Cela ne peut se faire que sous la contrainte et les politiques ne l’ont toujours pas intégré », regrette Richard Hardouin. Malgré une semaine d’alerte à la pollution à l’ozone cet été à Marseille, aucune interdiction de circulation n’a été mise en place.

D’autres solutions comme l’installation d’un radar sur la L2 qui détecte la pollution sont évoquées par FNE 13. Comme le dit Richard Hardouin, « la meilleure façon de lutter contre la pollution est de ne pas en produire ». Pour cela Marseille a un besoin urgent de développer des solutions pour les transports collectifs, et les modes de transport doux. Vu le retard pris, il reste encore beaucoup à faire.