Gironde: Préservation renforcée sur la seule réserve naturelle proche de Bordeaux

ENVIRONNEMENT La réserve naturelle des marais de Bruges s'étend sur 262 hectares à seulement 20 minutes au nord-ouest de Bordeaux. Les élus de la Métropole viennent de voter la création d'une zone tampon pour mieux la protéger...

Elsa Provenzano

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Des poneys sur la réserve naturelle des marais du Blayais.
Des poneys sur la réserve naturelle des marais du Blayais. — RNN Bruges / SEPANSO
  • Un périmètre de protection autour de la réserve naturelle des marais de Bruges a été voté par les élus de la Métropole.
  • C’est une des deux dernières réserves naturelles de France sur une aire métropolitaine.
  • La Sepanso, qui gère le site, se félicite de cette décision qui va permettre de mieux connecter la réserve au milieu naturel environnant.

La réserve naturelle des marais de Bruges, créée en 1983, c’est 262 hectares de bocages et de boisements humides à seulement 20 minutes de Bordeaux, au nord-ouest de l’agglomération. Des paysages qui existaient tout autour de la capitale girondine, il y a 40 ans. Avec la réserve de Saint-Quentin-en-Yvelines, c’est la seule réserve naturelle nationale implantée sur une zone périurbaine.

Le chemin de visite de la réserve est limité à dessein.
Le chemin de visite de la réserve est limité à dessein. - RNN Bruges / SEPANSO

Les élus de la Métropole veulent donc lui réserver un traitement particulier et viennent de voter en faveur d’une zone tampon, autour de ces marais de Bruges pour renforcer leur protection. Une demande portée par les associations de protection de la nature depuis une vingtaine d’années.

Limiter la pression urbaine

Ce sanctuaire abrite « une très forte biodiversité », pointe Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, fédération d 'associations de protection de l’environnement en charge de la gestion du site. Insectes, oiseaux d’eau et la cistude d’Europe s’épanouissent dans cet écrin. Ce périmètre de sécurité, qui devra être entériné par un arrêté du préfet après une enquête publique « garantit qu’il n’y aura pas d’urbanisation et que les prairies ne pourront plus être transformées en cultures de céréales », se félicite le directeur de la Sepanso. Les collectivités publiques ont saisi l’occasion après avoir acquis des parcelles de zones humides autour de la réserve. « Il y a aussi une prise de conscience de la perte du territoire naturel », estime-t-il.

Une population de cigognes a élu domicile sur le site.
Une population de cigognes a élu domicile sur le site. - RNN Bruges / SEPANSO

La zone tampon permet de préserver un peu plus la réserve et « de mieux la connecter avec son milieu naturel : les berges de Garonne, les coulées vertes des jalles et de nombreux corridors écologiques, fait valoir Philippe Barbedienne. 262 hectares on a l’impression que c’est beaucoup mais c’est petit à l’échelle des besoins des espèces ». On sait par exemple que la Cistude d’Europe s’installe en dehors du périmètre de la réserve, en bordure de zone de fret, pour pondre.

La Cistude d'Europe est présente sur les marais.
La Cistude d'Europe est présente sur les marais. - RNN Bruges / SEPANSO

Le statut de réserve naturelle est la protection la plus forte qui existe sur un territoire de Métropole. On ne peut ni y chasser ni y pêcher et les circuits des visites pour le grand public sont volontairement limités.

Alors que la pression urbaine est déjà forte sur cette zone avec la proximité de la zone industrielle, de la rocade et la présence de lignes à haute tension, la Sepanso espère que ce périmètre supplémentaire va consolider la biodiversité de ce milieu fragile.