Afrique du Sud: Naissance des premiers lions-éprouvette au monde

ANIMAUX Les chercheurs de l’université de Pretoria ont prélevé le sperme d’un lion en bonne santé puis ils ont inséminé une lionne…

20 Minutes avec agences

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Un lionceau (illustration).
Un lionceau (illustration). — Pixabay/Sponchia

C’est le résultat de dix-huit mois d’essais scientifiques intensifs. Deux lionceaux-éprouvette sont nés le 25 août dernier en Afrique du Sud. Ce « sont les tout premiers lionceaux conçus par insémination artificielle, les premiers au monde », ont annoncé fièrement leurs « parents », des chercheurs à l’université de Pretoria.

Une femelle baptisée Isabel et un mâle nommé Victor se portent ainsi à merveille, assure Andre Ganswindt, le directeur de l’Institut de recherche sur les mammifères de la capitale sud-africaine.

« Par chance, ça a marché »

Pour parvenir à cet heureux événement, les scientifiques ont « collecté le sperme d’un lion en bonne santé » puis inséminé la lionne. « Par chance, ça a marché, explique Andre Ganswindt. Nous avons procédé à plusieurs tentatives mais, à ma grande surprise, cela ne nous a pas pris trop de temps pour réussir. »

La tâche n’était pourtant pas simple, puisque « travailler avec des animaux sauvages, surtout des carnivores, est un défi », explique l’une des chercheuses, Imke Luders. « Les femelles ont été habituées à donner, sans anesthésie, des échantillons sanguins et des tests cytologiques de façon à déterminer les étapes de leur cycle d’ovulation », explique-t-elle. La fécondation, elle, a été menée dans un laboratoire spécialisé d’Ukutula, dans la province sud-africaine du Nord-Ouest.

Une espèce vulnérable

Andre Ganswindt espère désormais répéter au plus vite la manipulation. « C’était une première, nous devons l’évaluer pour nous assurer que cette approche peut être reproduite avec succès et plus régulièrement », souligne-t-il. Si son efficacité est confirmée, cette technique pourrait être utilisée par d’autres équipes pour renouveler l’espèce à des endroits où elle est menacée.

Car le lion est classé dans la catégorie des espèces vulnérables. A l’échelle de la planète, la population des lions a chuté de 43 % depuis vingt ans pour atteindre aujourd’hui 20.000 spécimens, estime l’Union internationale pour la protection de la nature (UICN). Avec la fécondation in vitro, « nous pourrions nous épargner au moins temporairement le déplacement des animaux pour les faire s’accoupler et simplement acheminer le sperme auprès de femelles, comme cela se fait déjà pour les éléphants en captivité en Amérique du Nord ou en Europe », avance Andre Ganswindt.

Des ONG défavorables

Toutefois, les défenseurs de la faune tempèrent cet enthousiasme. « Si nous sommes favorables aux stratégies de protection in situ en cas de danger pour une espèce, nous ne soutenons pas les expériences d’insémination artificielle chez les lions » car elles alimentent une industrie basée sur la chasse, ont dénoncé une vingtaine d’ONG dans un courrier adressé aux chercheurs.

« La population des lions sauvages en Afrique a reculé et reste confrontée à des défis comme la perte de son habitat et la chasse, note Mark Jones de Born Free. Mais la difficulté à se reproduire ne fait certainement pas partie des problèmes qui menacent leur protection ».