Pyrénées: Les rapaces meurent de plus en plus souvent empoisonnés

FAUNE SAUVAGE Selon un rapport dressé par la Ligue de protection des oiseaux, l’empoisonnement est la première cause de mortalité des rapaces nécrophages dans les Pyrénées…

Béatrice Colin

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Le vautour fauve fait partie des rapaces les plus touchés par l'empoisonnement ces dernières années.
Le vautour fauve fait partie des rapaces les plus touchés par l'empoisonnement ces dernières années. — H. Ausloos/SIPA
  • Dans les Pyrénées, la première cause de mortalité des rapaces nécrophages est l’empoisonnement, devant les maladies et la dénutrition.
  • Ces empoisonnements ont beaucoup augmenté en l’espace de dix ans.
  • La ligue de protection des oiseaux lance un appel pour réduire l’usage des poisons, souvent illégaux, contre les animaux jugés indésirables.

C’est ce qu’on appelle des victimes collatérales. Dans les Pyrénées, un vautour fauve, un gypaète barbu ou encore un milan royal a deux fois plus de risques de mourir d’un empoisonnement que d’une maladie ou de dénutrition.

Ce constat, la Ligue de protection des oiseaux a pu le dresser lors d’un bilan établi au cours des quinze dernières années et qu’elle vient de publier. « Depuis 2004, l’empoisonnement est la première cause de mortalité des rapaces nécrophages dans les Pyrénées avec 24 % des cas de mortalité. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg car il concerne uniquement les cadavres que nous avons pu récupérer », explique Gwenaëlle Plet de la LPO-Pyrénées vivantes.

En se nourrissant des carcasses de renards ou de corbeaux, souvent la cible des pièges empoisonnés, ils sont eux aussi intoxiqués par ces substances chimiques. Et ils sont de plus en plus nombreux à être victimes de ces poisons, dont l’usage est illégal.

Produits illicites

Entre 2002 et 2005, moins de cinq cadavres ont été collectés contre plus de 15 entre 2014-2017. « Il y a ceux qui utilisent ces produits illicites de manière involontaire en les déversant dans la nature et ceux qui le font intentionnellement pour tuer des animaux jugés indésirables », poursuit Gwenaëlle Plet dont l’association lance un appel aux pouvoirs publics et aux particuliers.

D’un côté, l’association réclame le renforcement des moyens alloués à la police de l’environnement et le démantèlement des filières d’approvisionnement des poisons utilisés et illégaux.

De l’autre, elle veut inciter les citoyens à prendre conscience de leur rôle dans ces empoisonnements et les pousser à ramener leurs produits en déchetterie.