Climat: La fonte du permafrost menace la lutte contre le réchauffement de la planète

ENVIRONNEMENT Les quantités de méthane et de CO2 contenues dans le permafrost correspondent à environ quinze années d’émissions humaines…

20 minutes avec Agences

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Le village de Kugluktuk dans le Nunavut (Canada) directement concerné par le réchauffement climatique entraînant la fonte précoce du permafrost et des hivers beaucoup plus courts.
Le village de Kugluktuk dans le Nunavut (Canada) directement concerné par le réchauffement climatique entraînant la fonte précoce du permafrost et des hivers beaucoup plus courts. — AFP

La lutte contre le réchauffement climatique pourrait-elle être remise en cause par la Terre elle-même ? Selon une étude publiée ce lundi par des experts de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), la fonte du permafrost pourrait mettre à mal les efforts entrepris dans le cadre de l’accord de Paris signé en 2015. Ces sols constamment gelés libéreraient en effet des quantités importantes de gaz à effet de serre.

Le dégel du permafrost a commencé

Le permafrost couvre environ 25 % des terres de l’hémisphère nord, notamment en Russie et au Canada. Les quantités de méthane et de CO2 emprisonnées dans ces sols correspondent à environ quinze années d’émissions humaines.

« Par le passé, le changement climatique n’était pas suffisant pour déclencher le processus de dégel dans les hautes latitudes », a déclaré Thomas Gasser, chercheur à l’IIASA et auteur principal de l’étude parue dans Nature Geoscience. Mais avec des températures moyennes supérieures de 1°C par rapport à l’ère préindustrielle, le permafrost a entamé son dégel.

Des objectifs hors de portée ?

L'accord de Paris sur le climat ambitionne de contenir le réchauffement sous 2°C, voire 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Mais les experts estiment que la situation actuelle ne prend pas la bonne direction. Pire, l’objectif de 1,5°C serait déjà hors de portée.

« Nous devons nous préparer à l’éventualité que nous ne puissions peut-être jamais revenir à des niveaux plus sûrs concernant le réchauffement », prévient Thomas Gasser. « Il existe le danger que, plus nous allions de l’avant, plus nous risquions de déclencher des phénomènes que nous ne comprenons pas ».