VIDEO. Strasbourg: Trois mesures pour mieux faire respirer l'agglomération

POLLUTION Lors du bilan annuel de la qualité de l’air dans l’Eurométropole de Strasbourg, trois grandes nouvelles mesures ont été annoncées mais il est demandé encore plus par un collectif de médecins…

Gilles Varela

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Strasbourg le 10 octobre 2016. Inauguration de la chaufferie biomasse du Wacken.
Strasbourg le 10 octobre 2016. Inauguration de la chaufferie biomasse du Wacken. — C. Varela / 20 Minutes
  • De nouvelles mesures vont êtres engagées pour améliorer la qualité de l’air dans l’Eurométropole.
  • Chauffage au bois, circulation, urbanisme sont concernés par ces nouvelles mesures.

Actions multiples en faveur des modes de déplacements doux, développement des transports en commun, réhabilitation des logements, développement de la géothermie, de l’énergie solaire, biomasse, réduction des déchets… Autant de mesures déployées dans l’Eurométropole depuis des années et qui ont participé à l’amélioration notable de la qualité de l’air. Oui mais voilà, les pics de pollution s’enchaînent et il va falloir aller plus loin ou trouver d’autres solutions.

C’est en ce sens qu’un collectif de 70 médecins strasbourgeois a publié une tribune dans les Dernières Nouvelles d'Alsace en juillet dernier. Certaines demandes ont été entendues, d’autres pas encore… Restent des points de réels désaccords, comme le GCO ou la rénovation de l’incinérateur. Lundi, lors du bilan annuel de la qualité de l’air dans l’Eurométropole, Robert Herrmann, son président, a annoncé trois nouvelles mesures.

Un fond Air Bois

Le chauffage au bois est la principale source d’émission de particules fines sur l’Eurométropole. Il représente 52 % des émissions des particules fines PM2,5 (et 37 % des particules fines PM10). Aussi, un fond Air Bois va être mis en place. Il devrait inciter les usagers à remplacer les équipements de chauffage au bois les plus anciens. Cela concernera surtout les habitants de la première et surtout de la deuxième couronne de l’agglomération, puisque le taux d’équipement en chauffage au bois ne représentant que 1 % des foyers à Strasbourg. « L’idée est de cibler les systèmes de chauffages les plus polluants, ceux d’avant 2002 », précise Robert Herrmann. Sous certaines conditions, le montant des aides se situera entre 600 euros à 1.600 euros. Plus de 940 appareils de chauffage au bois sont concernés. Ce dispositif commencera à être déployé début 2019 et sera accompagné d’une campagne de sensibilisation aux bonnes pratiques. Une mesure qui « va dans le bon sens », se félicite le docteur Thomas Bourdrel, signataire de la tribune et cofondateur de Strasbourg Respire. « Mais c’est dommage que cela ne se fasse que dans l’Eurométropole et qu’il n’y ait pas une collaboration avec la région, car c’est toute la plaine d’Alsace qui souffre ».

Une Zone à faibles emissions (ZFE)

Autre mesure, l’installation fin 2020 d’une zone à faibles émissions (ZFE), concernant l’ensemble des véhicules, avec des contraintes de circulation selon le degré de pollution des véhicules et des routes empruntées.Toute l’Eurométropole sera concernée, « mais avec des modalités différentes », tempère Robert Herrmann. Pour l’heure une étude de préfiguration est en cours. Une mesure attendue « qui va également dans le bon sens, mais il faudrait une compensation en fonction des revenus pour que cela ne soit perçu comme une mesure inégalitaire, pour la faire accepter et ne pas donner l’impression que c’est toujours les mêmes qui doivent payer », souligne Thomas Bourdrel.

La qualité de l’air dans les projets d’urbanisme

Connaître le comportement des polluants aux abords des nouvelles constructions, réfléchir à adapter plus en amont les formes de construction afin de réduire au maximum l’exposition des habitants, continuer les enquêtes. Conférences, concertations, l’urbanisme va être pensé autrement. « Il existe des barrières naturelles, mais il faut réfléchir à ne pas mettre une école ou un terrain de sport près d’un grand axe », indique le docteur Bourdrel qui s’étonne du transit des camions route du Rhin à proximité des habitations. Oui, mais « c’est l’état qui gère le transit des camions », rappelle Robert Herrmann.