Climat: Villes et régions du monde entier se mobilisent à San Francisco

EFFET DE SERRE Pour la première fois, un sommet mondial sur le climat ne réunit pas les Etats mais les autres acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique…

20 Minutes avec AFP

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Il reste deux ans pour agir, d'après le secrétaire général de l'ONU.
Il reste deux ans pour agir, d'après le secrétaire général de l'ONU. — LOIC VENANCE / AFP

Maires, gouverneurs, élus et patrons du monde entier se retrouvent mercredi à San Francisco pour un sommet convoqué afin d’interpeller les dirigeants mondiaux sur la faiblesse de leurs engagements contre les gaz à effet de serre, voire leur abdication dans le cas de Donald Trump. Le Sommet mondial pour l’action climatique est le premier du genre et les responsables gouvernementaux n’en sont pas les têtes d’affiche.

Paris, Bonn, Pékin, Le Cap, Mexico, Tokyo, des villes indiennes, de multiples régions de plusieurs continents ainsi que des Etats américains gouvernés par des démocrates seront représentés à divers niveaux pendant les trois jours du sommet, aux côtés de patrons de multinationales désireux d’annoncer de nouveaux engagements « verts » : passer à l’électricité propre, développer les voitures électriques, mieux isoler les bâtiments, encourager le recyclage, limiter la déforestation…

Lacunes des engagements nationaux

Le rassemblement vise à exposer les lacunes des engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et démontrer comment des villes et des régions modèles peuvent combler -partiellement- le fossé. « Depuis l’accord de Paris, il y a beaucoup de recul », dit Ségolène Royal, l’ancien ministre de l’Environnement française, en pointant du doigt par exemple l’Australie et l’Allemagne mais en déplorant aussi le « ralentissement de la dynamique de transition écologique » en France.

Le monde continue à rejeter dans l’atmosphère beaucoup trop de gaz à effet de serre pour limiter à 2 °C l’augmentation moyenne de la température du globe par rapport à la période précédant la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, ce qui est l’objectif de l’accord de Paris signé fin 2015. La Terre est déjà plus chaude de 1 °C environ et, à ce rythme, la hausse atteindra +3,2 °C à la fin du siècle.

Pas assez vite

Les Etats-Unis et l’Union européenne réduisent certes leurs émissions, mais pas assez vite. Le premier pollueur terrestre, la Chine, en rejette de plus en plus, tout comme l’Asie en général qui se repose encore très majoritairement sur le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Tous ces pays sont censés revoir à la hausse leurs engagements en 2020, point d’étape prévu par l’accord de Paris. Mais les gouvernements peinent à s’accorder ne serait-ce que sur la méthode, comme en témoigne l’impasse des réunions de la semaine dernière à Bangkok.

L’ancien président des Etats-Unis Barack Obama avait fixé comme objectif une réduction des émissions américaines d’au moins 26 % en 2025, par rapport à 2005. Les Etats-Unis en sont actuellement à -12 %, et aucune étude ne prévoit qu’ils atteignent le chiffre initial, a fortiori après que Donald Trump a engagé l’annulation de normes antipollution pour les centrales au charbon et les voitures. Mais les initiatives locales, au niveau des Etats et des villes, peuvent combler une partie du désengagement fédéral. Comme la Californie, des Etats se sont fixé divers objectifs sur l’électricité ou les transports.