Le Space, salon international des productions animales, se tient jusqu'à vendredi à Rennes.
Le Space, salon international des productions animales, se tient jusqu'à vendredi à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes

AGRICULTURE

Rennes: Au salon international de l’élevage, le monde agricole défend sa fibre écolo

Parfois accusés d’être à l’origine de tous les maux de la planète, les agriculteurs se défendent…

  • La démission de Nicolas Hulot est en partie liée à des questions agricoles.
  • Réunis au Space à Rennes, les éleveurs refusent d’endosser le rôle de pollueurs de la planète.
  • Ils estiment que l’agriculture a fait beaucoup de progrès ces dernières années et revendiquent une fibre écologiste.

Agriculture et écologie peuvent-ils faire bon ménage ? La question peut se poser tant les agriculteurs sont souvent accusés, parfois à tort, de polluer et d’empoisonner la planète. En annonçant sa démission surprise du gouvernement le 28 août, Nicolas Hulot n’avait d’ailleurs pas caché ses divergences avec le ministre de l’Agriculture. « Je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert », avait-il lâché. « Il faut arrêter de vouloir opposer l’écologie et l’agriculture », lui avait répondu le ministre de l’Agriculture.

Dans les allées du Salon international des productions animales (Space) qui s’est ouvert ce mardi à Rennes, la démission de Nicolas Hulot semble déjà du passé. « Nous ce qui nous intéresse, ce sont les finances de nos exploitations et pas leurs petites querelles parisiennes », assure Yann, venu de Vendée.

« Nous sommes les premiers écolos », assure un éleveur

Certains se montrent toutefois plus critiques comme Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine. « En quittant comme ça ses fonctions, il donne l’impression que rien n’a été fait en matière d’environnement et je trouve ça dégueulasse », assure cet éleveur des Côtes-d’Armor. « Je l’ai d’ailleurs sollicité à plusieurs reprises pour qu’il vienne voir nos exploitations mais il n’a jamais donné suite », déplore le syndicaliste.

Pour beaucoup, ce sont les ONG écolos qui ont eu raison du ministre de la Transition écologique et non pas les lobbys agricoles ou industriels. « Ils veulent à chaque fois nous faire passer pour des pollueurs. Mais nous ne sommes pas les ennemis de la planète. Au contraire, nous sommes avec les chasseurs les premiers écolos. La Bretagne ne serait pas aussi belle et verte s’il n’y avait pas d’agriculteurs », assure Stéphane Le Druillennec, éleveur laitier à Gurunhuel dans les Côtes-d’Armor. « Il y a peut-être eu des excès par le passé mais nos pratiques ont beaucoup évolué », poursuit-il.

La Confédération paysanne prône un changement de modèle

Sur ce point, même la Confédération paysanne, syndicat classé à gauche, semble d’accord. « C’est facile de critiquer la profession mais il faut bien admettre que les paysans ont fait des efforts », souligne Michel, éleveur dans le pays de Rennes, conscient toutefois des énormes progrès qu’il reste à faire. « Tant qu’on favorisera un modèle productiviste, on ira droit dans le mur », concède-t-il.

Nicolas Hulot ayant fait ses valises, c’est François de Rugy, réputé plus pragmatique et consensuel, qui sera chargé des questions écologiques au gouvernement. Un remplacement qui ne fait guère causer dans les travées du salon. « On attend de voir. On espère juste qu’il ne nous assomme pas avec d’autres réglementations environnementales. Car ce n’est pas normal que la France soit toujours plus blanche que les autres pays européens sur ces questions, cela crée un déséquilibre », indique François, éleveur de vaches normandes dans l’Orne.

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