Marseille: La Méridionale, seule compagnie maritime, a signé une charte pour limiter la pollution maritime

ENVIRONNEMENT La Méridionale, qui transporte des passagers entre la Corse et le continent, a signé ce jeudi une charte d’écoresponsabilité avec l’Agence française pour la biodiversité…

Mathilde Ceilles

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Un bateau de la Méridionale dans le port de Marseille
Un bateau de la Méridionale dans le port de Marseille — P.Magnien / 20 Minutes
  • La Méridionale a signé la première charte française l’engageant à réduire sa pollution maritime
  • La compagnie qui assure la traversée entre la Corse et le Continent est toutefois la seule de ce type à signer un tel document

Un document de quelques pages, rassemblant une série d’objectifs communs et d’engagements. Ce jeudi, à bord du « Piana », un des trois navires de la compagnie maritime, la Méridionale a signé une charte d’écoresponsabilité avec l’ Agence française pour la biodiversité et plusieurs parcs naturels, dont le parc national des calanques. Le but affiché ? Réduire l’impact des compagnies de transport maritime sur la pollution de la Méditerranée. Rien qu’à Marseille, selon une étude de 2017 d’ Air Paca, 5 % de la pollution particules est due aux activités maritimes.

Parmi les engagements pris par cette compagnie, on trouve la réduction de ses consommations de combustibles fossiles, que ce soit l’entretien de peintures silicone sur les coques de ses navires ou l’utilisation des dispositifs d’électrification à quai mis en place dans les ports équipés de cette technologie. Ce système d’alimentation électrique à quai a été mis en place en 2017 par le port de Marseille où le nombre de particules fines était « 100 fois plus élevé » que dans d’autres parties de la ville, selon France Nature Environnement.

Les autres compagnies pas contactées

Cette charte, document non coercitif, est une première en France. Elle rassemble toutefois des mesures déjà appliquées majoritairement par La Méridionale. En 2017, la compagnie était déjà la première à adopter la connexion électrique de ses trois navires à quai lors de ses escales à Marseille. Pour cette charte, la Méridionale part de plus une fois encore bien seule, alors qu’elle détient 11 % des parts de marché du transport maritime de passagers entre la Corse et le continent et 38 % des parts de marché du fret.

Du propre aveu du PDG de La Méridionale Marc Reberchon, les compagnies concurrentes n’ont pas été contactées pour signer cette charte à leurs côtés. « Ce n’est pas à moi de le faire, estime Marc Reverchon. Nous ouvrons une voie et espérons que d’autres nous rejoindrons. »

Une autre charte en projet

« Il y a toujours un premier, et c’est toujours bien je pense qu’il y ait un pionnier, abonde François Gauthiez, directeur de l’appui aux politiques publiques au sein de l’agence française pour la biodiversité. Si j’avais un message à adresser aux autres compagnies, c’est de saisir de cette charte, de s’inscrire dans cette dynamique et de réfléchir à leur propre impact. »

« Nous n’avons pas été approchés, et nous n’avons pas connaissance de la charte, regrette-t-on du côté de Corsica Linea. Pour ce type d’outil, nous essayons de nous attacher au niveau collectif, ça peut être important. Nous sommes très désireux de connaître le contenu de cette charte en tout cas. »

Quant à Corsica Ferries, la compagnie italienne qui détient 70 % des parts de marché dans le transport maritime de passagers, son président Pierre Mattei affirme être sur le point de signer une charte similaire au mois d’octobre. « Signer la même charte pour toutes les compagnies, c’est compliqué, explique-t-il. Nous n’avons pas les mêmes ports, pas les mêmes navires. Par exemple, on ne peut pas faire de connexion électrique car les ports que nous fréquentons ne sont pas équipés. Mais c’est dans le même esprit. »

« Il ne faut pas entériner la valeur ajoutée de cette charte qui concerne La Méridionale et ses trois bateaux, conclut François Gauthiez. Mais il ne faut pas être naïf : il y a des enjeux qui ne passent que par la réglementation… » Les normes de pollution des navires seront nettement durcies à partir du 1er janvier 2020, pour tous les types de navires, avec une teneur en soufre abaissée à 0,5 % pour tous.

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