Usine Sanofi à Mourenx: Redémarrage du site ce lundi, deux mois après son arrêt pour rejets toxiques

ENVIRONNEMENT L’usine qui produit notamment l’anti-épileptique Dépakine avait dû stopper net son fonctionnement le 9 juillet dernier, en raison de rejets toxiques hors-norme, bromopropane et valproate de sodium en particulier…

M.B. avec AFP

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L'usine de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques est dans le collimateur de FNE pour les quantités astronomiques de bromopropane, une substance cancérigène, que l'entreprise rejette.
L'usine de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques est dans le collimateur de FNE pour les quantités astronomiques de bromopropane, une substance cancérigène, que l'entreprise rejette. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • L’association de défense de l’environnement Sepanso s’est dite « choquée » par ce redémarrage.
  • Celui-ci a été autorisé par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques suite à une étude d’évaluation.
  • Une procédure est toujours en cours contre Sanofi, pour infraction à la législation sur les installations classées.

L’usine à Mourenx du géant pharmaceutique Sanofi, arrêtée début juillet après révélation de rejets toxiques hors normes, a repris totalement sa production lundi, y compris celle de valproate de sodium, après un redémarrage progressif depuis un mois, et sous contraintes environnementales accrues, ont indiqué l’entreprise et les autorités.

Le redémarrage de la production de valproate (base de médicaments, anti-épileptique et antidépresseur notamment) a été autorisé par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques après une étude d’évaluation, qui a montré « des niveaux de risque très inférieurs à la valeur de référence pour les populations riveraines », a indiqué la préfecture.

« L’ensemble des émissions est conforme aux limites fixées »

Les mesures réalisées par Sanofi, ainsi qu’un contrôle inopiné de l'inspection des installations classées (Dreal), confirment que « l’ensemble des émissions est conforme aux limites fixées » ajoute la préfecture dans un communiqué.

Un avis de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) daté du 31 août, montre que Sanofi-Chimie « a répondu à l’ensemble des questions posées » par un arrêté de juillet, ajoute la préfecture.

Toujours des risques pour les travailleurs ?

Cet arrêté fixait des conditions de redémarrage du site, notamment des seuils de toxicité du valproate revus à la baisse, à la lumière de recommandations de l’Anses (Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

En revanche, les résultats de l’évaluation « ne permettent pas de conclure à l’absence de risques pour les travailleurs, dans un rayon de l’ordre de 50 mètres autour de la source de rejet », souligne la préfecture. Et l’Ineris recommande du coup que « le plan de surveillance renforcé de l’environnement, en particulier dans la zone qui concerne les travailleurs, soit rapidement mis en œuvre ».

Un comité de suivi doit se réunir mercredi

Le 9 juillet, Sanofi sous pression avait annoncé l'arrêt immédiat du site de Mourenx, qui produit notamment l’anti-épileptique Dépakine – lui-même au cœur d’un scandale sanitaire –, après révélation dans les médias de rejets toxiques hors normes, bromopropane et valproate de sodium en particulier.

Une association de riverains et deux associations de défense de l’environnement ont saisi la justice à la suite de ces rejets. L’une d’elle, la Sepanso-64, s’est dite, lundi, choquée par l’annonce du redémarrage, un « fait accompli », alors qu’un Comité de suivi du site devait se réunir mercredi, même si son avis n’est que consultatif.

« La préfecture ne nous tient pas au courant des travaux effectués »

« C’est nous qui avions relevé les rejets massifs toxiques de Sanofi et la préfecture ne nous tient pas au courant des travaux effectués, nous venons de recevoir le communiqué de la préfecture pour une reprise le même jour », a pour sa part déploré Solenne Demonet, en charge des risques industriels à France Nature Environnement (FNE).

Le parquet de Pau s’est dessaisi en juillet de la procédure visant Sanofi, pour infraction à la législation sur les installations classées, au profit du Pôle santé publique du parquet du tribunal de grande instance de Paris.