VIDEO. Changement climatique: pourquoi les insectes vont ravager les cultures agricoles

AGRICULTURE La hausse des températures modifie le métabolismes des insectes, qui ont plus d'appétit et se reproduisent plus vite...

20 Minutes avec AFP

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Une moissonneuse batteuse dans un champ en Ile-de-France
Une moissonneuse batteuse dans un champ en Ile-de-France — Mario FOURMY/SIPA

Une conséquence peu étudiée du changement climatique est que la hausse des températures devrait stimuler la croissance des insectes… et donc des nuisibles qui dévorent les cultures agricoles.

Une étude des chercheurs de l’Université de l’Etat de Washington parue jeudi dans la revue Science montre que la production mondiale de cérélales risque de considérablement diminuer. A cause du réchauffement climatique, le métabolisme des insectes se modifie et ils mangent  de plus grosses quantités de nourriture. La hausse des températures les fait également se reproduire plus vite. «Il y aura plus d’insectes, et ils mangeront plus», résume Curtis Deutsch, l’un des auteurs de l’étude, professeur d’océanographie à l’Université de Washington.

La France particulièrement touchée

«La France, l’Europe et les Etats-Unis, grands producteurs de céréales, seront plus touchés que les pays des régions tropicales, comme le Brésil ou le Vietnam, où les insectes profitent déjà au maximum des conditions météorologiques», poursuit-il.

Les scientifiques ont calculé qu'avec une hausse des tempartures de 2 degrés, les pertes en France dues aux insectes passeraient de 6,6% d'une récolte de maïs à 9,4%. Selon les régions, les pertes par récolte pourraient augmenter de 10% à 25% par degré supplémentaire. Gros producteurs de céréales, les Etats-Unis, la France et la Chine subiraient les plus fortes pertes.

L'ennemi n°1, le puceron russe des blés

Une espèce invasive devrait particulièrement en profiter, le puceron russe du blé. Ce petit insecte vert d’un ou deux millimètres a colonisé les Etats-Unis dans les années 1980 et s’attaque au blé et à l’orge.Cette espèce est particulière, car il n'y a que des femelles. « Elles naissent déjà enceintes de leurs filles, chacune étant déjà enceinte de petites-filles», explique Scott Merrill, expert des insectes à l’Université du Vermont.

Chaque femelle peut donner naissance à huit filles par jour… à multiplier par huit pour le nombre de petites-filles… «Un ou deux pucerons peuvent donner naissance à des milliards si les conditions sont idéales s'inquiète Scott Merrill. C’est dingue!». Invasions en vue...