VIDEO. Une raie électrique filmée sur une plage de Marseille... «Ça peut assommer un nageur», prévient un spécialiste

INTERVIEW Le biologiste Nicolas Ziani, spécialiste des raies et des requins, estime qu’il est « rare mais pas exceptionnel » de voir des raies électriques sur les plages méditerranéennes…

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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(Photo d'illustration). Il existe plusieurs espèces de raies électriques, dites «raies torpilles».
(Photo d'illustration). Il existe plusieurs espèces de raies électriques, dites «raies torpilles». — Kelvin Aitken / VWPics / SIPA
  • Une raie torpille noire a été aperçue sur la plage de l'Estaque, à Marseille.
  • L'espèce peut-être dangereuse... Si on la dérange !

« C’est une grosse mémère ! » On ne se serait pas permis cette description, mais c’est un spécialiste qui nous la propose, alors pourquoi pas. Une raie torpille a été filmée sur la plage de l’Estaque, à Marseille, et les images ont été publiées par La Provence sur Twitter. On les a analysées avec le biologiste Nicolas Ziani, fondateur du Groupe phocéen d’étude des requins.

Est-il rare de voir des raies torpilles sur les côtes méditerranéennes ?

Disons que c’est rare, mais pas exceptionnel. On a déjà observé cette espèce en bord de côte, dans le Var notamment… Ce n’est pas du jamais vu. Il y a trois types de raies torpilles en mer Méditerranée : les torpilles marbrées, qui sont mouchetées ; les torpilles ocellées, qui sont les plus communes ; et enfin la torpille noire. C’est celle qui a été vue à l’Estaque. C’est la plus grosse de la famille !

Et c’est donc une espèce électrique…

Effectivement, elle produit des décharges électriques pour assommer les poissons qu’elle chasse et repousser les prédateurs. Les décharges sont plutôt défensives, en général.

Les raies torpilles sont-elles dangereuses pour les nageurs ?

Des scientifiques ont mesuré des décharges jusqu’à 220 volts. Donc il ne faut pas y toucher ! Avec l’eau qui conduit l’électricité, ça peut assommer un nageur… Le mieux, c’est de la laisser tranquille. Surtout que les décharges sont proportionnelles à la taille : c’est la torpille noire, la plus grosse des trois, qui fait le plus de dégâts.

Comment expliquer sa présence si près des côtes ?

C’est une grosse mémère (sourire). L’espèce est déjà massive, mais celle-là à un ventre assez dodu… Il est probable qu’elle soit venue mettre bas sur la côte. Comme les requins, les raies se rapprochent des côtes pour accoucher.

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