Les éléphants capturés vivent 5 ans de moins que leurs congénères nés en captivité

ANIMAUX Selon une étude publiée mardi, les éléphants capturés dans la nature vivraient 5 ans de moins que leurs semblables nés en captivité...

20 Minutes avec AFP

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Un jeune éléphant pygmée photographié en 2013 à Bornéo.
Un jeune éléphant pygmée photographié en 2013 à Bornéo. — Andrew Chant / Rex Feat/REX/SIPA

En matière d’espérance de vie, les éléphants ne marchent pas tous sur un pied d’égalité, selon qu’ils ont été capturés dans la nature ou qu’ils sont nés en captivité. Les premiers vivraient ainsi cinq ans de moins que les seconds, selon une étude publiée mardi dans la revue scientifique Nature Communications.

Ses auteurs sont parvenus à ce résultat en analysant les données de l’industrie forestière en Birmanie, où près de 5.000 pachydermes vivent aujourd’hui en captivité, la majorité étant utilisée pour transporter du bois dans des lieux difficiles d’accès pour les véhicules.

Les scientifiques ont ainsi pu comparer la mortalité de 5.150 animaux ayant travaillé dans les camps forestiers birmans sur 50 années, dont 2.072 pris dans la nature entre 1951 et 2000.

Un « stress chronique » aux conséquences néfastes

Leur conclusion est sans appel, comme l’explique la chercheuse Mirkka Lahdenperä, de l’université finlandaise de Turku : « L’espérance de vie moyenne d’un mâle né en captivité est de 30 ans, 45 ans pour une femelle, et pour les animaux capturés, 25 ans pour les mâles, 40 ans pour les femelles ».

Mirkka Lahdenperä affirme en outre que le « stress » de la capture hante ces éléphants pendant des années : « Les éléphants sont connus pour être une espèce très intelligente et sociale qui peut subir des traumatismes à long terme, par exemple quand un petit est séparé de sa mère et du groupe familial. Alors il est plus que probable que leur capture et le dressage soient une expérience traumatisante ».

Celle-ci engendrerait un « stress chronique » susceptible d’affecter le système immunitaire et l’espérance de vie. L’étude revêt une importance particulière, alors que les éléphants représentent une espèce en danger, qui voit sa population diminuer. Une solution reste toutefois encore à inventer, alors qu’un tiers des éléphants d’Asie, soit environ 15.000, vivent en captivité.