Le Chili est le premier pays d'Amérique du Sud à interdire les sacs plastiques

MONDE Une amende de 320 euros par sac plastique est prévue en cas d'infraction...

20 Minutes avec AFP

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Une mouette a récupéré un sac plastique  à Valparaiso (Chili).
Une mouette a récupéré un sac plastique à Valparaiso (Chili). — CLAUDIO REYES / AFP

Le Chili est devenu le premier pays d’Amérique du Sud à interdire les sacs plastiques, rejoignant la soixantaine de nations qui ont pris des mesures pour réduire la pollution provoquée par les 10 millions d’emballages de ce type consommés chaque minute dans le monde. « Je voulais partager ma joie avec vous : à compter d’aujourd’hui, nous promulguons la loi », a déclaré vendredi le président de droite Sebastian Piñera lors d’une cérémonie à Santiago, avant de donner des sacs en toile au public.

« Passer de la culture du jetable à celle du durable »

Le texte interdit la distribution de sacs en plastique, sauf ceux servant à emballer des aliments « pour des raisons hygiéniques ou (…) pour éviter le gâchis de nourriture », selon le Journal officiel. La loi donne six mois à compter de vendredi aux grandes entreprises et deux ans aux petits commerces pour mettre en application cette interdiction totale.

Une fois ces délais écoulés, une amende de 370 dollars (320 euros) par sac plastique remis aux clients est prévue en cas d’infraction. Dans l’intervalle, « les commerces peuvent remettre un maximum de deux sacs plastiques aux consommateurs à chaque achat », précise le texte. « Nous sommes très heureux de faire un pas dans la bonne direction. Ce que nous proposons est simple : nous voulons changer le mode de vie des Chiliens. Nous voulons passer de la culture du jetable à celle du durable », a ajouté le chef de l’Etat.

Révolution culturelle

Au Chili, où seulement 4 % des 17,5 millions d’habitants recyclent leurs déchets, se passer de sacs plastiques est une véritable révolution culturelle. On estime que les Chiliens utilisent 3,4 milliards de sacs par an, dont au moins 90 % d’entre eux finissent dans des décharges. Ou dans la mer. « Je me tire moi-même les oreilles, nous devons tous participer à la protection de l’environnement », se reproche Marcos Santibañez, client d’un supermarché de la capitale, devant son chariot rempli de sacs pleins de produits.

Chiffres qui donnent le tournis

Pendant l’hiver austral, le littoral chilien, qui s’étend sur plus de 4.000 km, n’est fréquenté par personne, mais jonché de déchets. Ou peut les voir le long des plages du centre du pays. Dans les eaux gelées du Pacifique, les sacs plastiques s’accumulent, en profondeur et en surface, formant d’immenses îles.

« Près des côtes, entre le Chili et le Pérou, il y a des îles de plastique de la taille du Mexique », soit près de deux millions de km2, souligne Marcela Cubillos, ministre de l’environnement du Chili. « Non seulement la quantité est problématique, mais surtout la durée, puisque (les sacs) peuvent rester dans la nature jusqu’à 400 ans sans se dégrader. Alors que leur utilité dans la vie quotidienne ne dépasse pas les trente minutes », ajoute-t-elle.

En 2016, un programme de nettoyage lancé par le gouvernement, avait permis de ramasser 93 tonnes d’ordures sur 218 kilomètres de plages. 90 % de ces résidus étaient du plastique.