Nice: Un habitant attaque la ville pour la lutte contre le charançon

VILAINES BETES Un habitant accuse la municipalité de ne pas lutter assez efficacement contre le charançon rouge…

20 Minutes avec AFP

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Illustration charançon.
Illustration charançon. — Copil 06
  • Un habitant de Nice a déposé plainte contre X, il considère que la ville ne traite pas assez efficacement ses palmiers contre le charançon.
  • Il critique le recours à un traitement à base de champignon naturel, qu’il considère comme inefficace.
  • La ville s’en défend et explique avoir fait le choix d’un traitement naturel plutôt qu’à base d’insecticide.

Un habitant de Nice a déposé une plainte contre X, il accuse la municipalité​ de manquer à ses obligations légales pour lutter contre le charançon rouge. Cet insecte se loge dans les palmiers, qu’il ravage avant que les arbres ne meurent.

Dans ce courrier adressé le 24 juillet au procureur de la République, il reproche à la ville de Nice d’avoir « depuis des années décidé délibérément de ne pas appliquer les traitements insecticides obligatoires » et d’avoir « mis délibérément en danger un patrimoine végétal remarquable ».

Traitement à base de champignon

Il lui reproche aussi de s’être « engagé aveuglément » dans la promotion d’un traitement expérimental à base d’une souche entomopathogène de champignon. Riverain d’un parc où la ville de Nice a procédé à des tests de ce procédé avec la société Arysta Lifescience, ce particulier affirme que « 65 % des palmiers y sont morts ou en train de mourir ».

« C’est d’autant plus malheureux que certaines villes comme Fréjus, avec d’autres protocoles, ont réussi à sauver de 95 à 99 % de leurs palmiers », indique ce particulier soutenu par le Collectif méditerranéen pour la sauvegarde des palmiers (CMSP).

Dans une réaction transmise à l’AFP, la municipalité explique utiliser ce champignon « de manière légale car il bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché ». Défendant une politique « zéro-phyto destinée à protéger la santé de ses concitoyens », la ville évoque aussi « les nuisances et risques sanitaires qu’engendrerait l’utilisation de pesticides, de surcroît durant les mois de juillet et août où Nice connaît une forte fréquentation ».

Déjà une première plainte

Au printemps, la ville de Nice avait présenté une solution « 100 % naturelle » destinée à lutter contre le charançon en utilisant une nouvelle souche de champignon en complément du traitement par nématodes (des vers qui s’attaquent aux nuisibles).

La loi fait obligation aux propriétaires, privés ou non, de palmiers, de les traiter en choisissant l’une des trois stratégies obligatoires proposées, qui toutes incluent, au moins comme complément estival, un traitement à base d’insecticide conventionnel. Certaines communes, dont Nice, ont toutefois obtenu, mais uniquement à titre expérimental, une dérogation pour un traitement complémentaire à base de champignons.

Une première plainte sur les mêmes motifs avait été déposée en novembre 2016 par un autre particulier, à la suite de laquelle une enquête a été récemment ouverte et confiée à la police nationale, a indiqué le parquet de Nice.

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