Incendies: «La situation reste sensible» dans le sud de la France

INCENDIES L’été 2017 avait été marqué par de nombreux incendies d’ampleur dans le sud de la France…

Mathilde Ceilles

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Un Canadair combat un incendie dans le sud de la France (illustration).
Un Canadair combat un incendie dans le sud de la France (illustration). — Mavila/SIPA
  • D'importants incendies ravagent plusieurs pays d'Europe.
  • En France, le sud a été particulièrement touché ces dernières années.
  • En 2018, le risque est modéré mais la situation reste sensible.

Ces derniers jours, les flammes ravagent la Grèce ou la Suède. Aux alentours d’Athènes, des dizaines de personnes ont été tuées dans d’importants incendies dans cette zone balnéaire de la côte est. Le dernier bilan s’élève à 74 morts.

Dans le sud de la France, les pompiers restent mobilisés face au risque incendie. Ces deux dernières années, la zone a en effet durement été touchée par les flammes, notamment le Var et les Bouches-du-Rhône. Le début d’été laissait présager une saison similaire, avec de nombreux départs de feu. « Vous m’auriez posé la question en avril, je vous aurais effectivement confié craindre que la situation soit plus catastrophique encore que l’an dernier, avoue le lieutenant-colonel Marc Dumas, chef du pôle action et anticipation des pompiers des Bouches-du-Rhône. On a eu notamment un automne très sec. »

D’importantes pluies

« Nous étions inquiets dès le début de saison, renchérit le colonel Christian Pasquini, chef des pompiers du Var. La première quinzaine de l’été, nous faisions face à une situation extrêmement sèche. Le mois de juin a été très chaud, avec des températures supérieures à trois degrés aux normales saisonnières. Dans le Var, jusqu’au 15 juillet, le déficit pluviométrique était supérieur à 75 %. »

Toutefois, dans les Bouches-du-Rhône et une partie du Var sont tombées d’importantes quantités de pluie ces derniers jours. « Certaines zones du département ont reçu avant-hier jusqu’à 40 millimètres de précipitation, rappelle le colonel Pasquini. Il y a donc moins de départs de feux que d’habitude en raison de cette pluviométrie. » Très peu d’incendies de grande ampleur sont à déplorer en ce mois de juillet dans la région par rapport à l’année dernière.

« La situation reste sensible »

« Le stress hydrique que nous craignions est moindre, renchérit le lieutenant-colonel Dumas. Pour l’instant, le risque est modéré mais il est possible que ces pluies décalent la saison. Nous ne sommes pas à l’abri d’un feu de grosse surface, un jour de mistral par exemple. La situation reste sensible. »

« Les précipitations nous ont aussi inquiétés, tempère également le colonel Pasquini. La pluie a fait pousser des herbes très hautes qui par gros vent pourraient sécher et devenir une source de propagation du feu. La situation est complexe dans le département, qui est très boisé et très ensoleillé. Le risque est ainsi sévère dans le massif des Maures, qui est le principal massif du département. »

Des dispositifs spécialement dédiés à la lutte contre les incendies sont donc mis en place, compte tenu du potentiel risque. Dans le Var, quatre hélicoptères bombardiers sont disséminés au Castellet, à Fréjus et au Cannet-des-Maures afin de quadriller le territoire. Deux groupes incendie ont également été positionnés à des endroits stratégiques pour être au plus près du terrain et ainsi intervenir rapidement, sans être notamment ralenti par la circulation.

4.000 incendies en 2017

Dans les Bouches-du-Rhône, depuis le début du mois et chaque jour entre 13 heures et 17 heures, près de 300 pompiers supplémentaires sur les 500 que comptent les pompiers du département sont spécialement mobilisés pour lutter contre les incendies. « Nous travaillons également avec les météorologues de Météo France pour connaître l’évolution de la sécheresse massif par massif, et déterminer les secteurs les plus sensibles », précise le lieutenant-colonel Marc Dumas.

Et de rappeler les bons comportements à adapter. « Dans la majeure partie des cas, la cause principale d’un incendie est bien l’imprudence, soupire le lieutenant-colonel Marc Dumas. Il ne faut pas jeter un mégot par la fenêtre, ni faire de barbecue ou de travaux en milieu forestier. » Durant l’été 2017 en France, plus de 4.000 feux ont parcouru près de 25.000 hectares. La Corse et les Alpes-de-Haute-Provence ont même connu des incendies jusqu’en janvier, à cause d’un hiver peu pluvieux.

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