Pollution: Comment le gouvernement veut verdir la mobilité des Français

QUALITE DE L'AIR Le gouvernement dévoile ce vendredi des mesures pour verdir la mobilité des Français. Des mesures qui viennent renforcer certains dispositifs existants…

M.F. avec AFP

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Illustration de la pollution automobile.
Illustration de la pollution automobile. — Martin Meissner/AP/SIPA
  • En France, les transports sont la première source d’émissions de gaz à effet de serre.
  • Pas de révolution dans les mesures présentées, mais une volonté de renforcer certains dispositifs existants
  • Une large responsabilité sera laissée aux collectivités.

Objectif : réduire les gaz à effet de serre en France. Le gouvernement dévoile ce vendredi des mesures pour verdir la mobilité des Français tout en laissant une large responsabilité aux collectivités. Circulation restreinte dans les zones les plus polluées, soutien aux voitures et poids lourds plus propres : l’accent est mis sur les transports.

Ils sont en France la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Sans parler des polluants qui valent à la France d’avoir été renvoyée par Bruxelles devant la justice européenne pour la piètre qualité de l’air dans 14 zones, essentiellement des villes. De plus, « les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports n’ont pas baissé en 2017 », a récemment rappelé la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Pas de révolution

Dans les mesures présentées, pas de révolution, mais une volonté de renforcer certains dispositifs existants comme le bonus/malus à l’achat d’un véhicule neuf en fonction de ses émissions de CO2 (avec un seuil de déclenchement du malus de nouveau abaissé l’an prochain), un soutien aux bornes de recharge pour véhicule électrique et à l’achat de poids lourds roulant au gaz naturel, à l’hydrogène ou à l’électricité.

Le gouvernement veut surtout inciter les territoires, qui détiennent de nombreuses compétences en matière de transport, à faire davantage. Il entend ainsi signer à la rentrée des engagements avec les 14 territoires où la pollution de l’air est la plus importante, afin qu’ils mettent en place d’ici 2020 des zones à faibles émissions (ZFE) pour y restreindre la circulation des véhicules les plus polluants. Les collectivités devront définir les contours géographiques de ces ZFE, ainsi que les catégories de véhicules qui y seront interdits, sur quelle plage horaire et à partir de quand.

Favoriser des alternatives à la mobilité individuelle

Aux collectivités encore de favoriser le covoiturage. Le gouvernement compte sur elles pour mettre en place des voies réservées, à l’image de ce qui est expérimenté dans les Hauts-de-Seine sur l’A86, et promet de créer le cadre pour cela.

L’objectif est de favoriser des alternatives à la mobilité individuelle, car « verdir les transports existants ne suffira pas », pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de polluants, plaide le ministère de la Transition écologique.

En revanche, ceux qui attendaient un grand plan vélo, à l’instar des ONG et de 200 parlementaires ayant signé récemment une tribune en ce sens, devront encore un peu patienter. Il sera dévoilé à la rentrée, avant le 15 septembre, indique-t-on au ministère. Rien non sur le verdissement du transport ferroviaire, pour lequel une mission est en cours, ni sur l’aérien ou le maritime, secteur sur lesquels la France privilégie les discussions au niveau mondial.