Cours d'eau: 22 % des espèces d'éphémères sont menacées d'extinction en France

POLLUTION Les petits insectes, très sensibles à la pollution et aux changements de température, sont un bon « thermomètre » de l’état des cours d’eau français…

20 Minutes avec agences

— 

Un éphémère près d'un cours d'eau (illustration).
Un éphémère près d'un cours d'eau (illustration). — LOUGAN/Pixabay

Les éphémères sont en danger. Plus d’une espèce sur cinq est menacée de disparition en France métropolitaine, selon une évaluation publiée ce mercredi par l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle. Sur les 142 espèces de ce petit insecte évoluant près des cours d’eau, quelque 22 % sont concernés.

Ce bilan est plus négatif que les hypothèses des spécialistes. En comparaison, environ 12 % des libellules sont classées dans cette catégorie d’espèces menacées, et 6 % des papillons de jour.

Attention, insecte sensible

Les éphémères, dont les adultes vivent de quelques heures à quelques semaines, sont aussi à la base de la chaîne alimentaire. Ils servent de nourriture aux poissons comme aux oiseaux, chauve-souris ou libellules.

Les larves, par leur respiration aquatique assurée via les branchies, sont très sensibles à la pollution et à l’augmentation de la température. Les éphémères sont ainsi de très bons indicateurs de l’état de ces zones naturelles, expliquent l’UICN et le Muséum dans un communiqué.

Des cours d’eau fortement dégradés

Cette situation est causée par les dégradations subies par les cours d'eau (digues, aménagement des berges, dragage des fonds, irrigation agricole, effluents agricoles et industriels). Les éphémères subissent plus largement « l’impact du lessivage des sols dû à l’agriculture intensive, le drainage des terres cultivées et l’extension des surfaces urbaines imperméabilisées » et même la pollution lumineuse, ajoute le communiqué.

« Les résultats de cet état des lieux appellent à améliorer la qualité des cours d’eau et à restaurer leur naturalité, pour préserver ces espèces au rôle clé dans les écosystèmes », soulignent enfin l’UICN et le Muséum. Ce tout premier recensement des éphémères a été réalisé par les entomologistes de l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie).

>> A lire aussi : Réforme constitutionnelle: Le «principe de précaution», qui protège l'environnement, ne sera pas supprimé

>> A lire aussi : Bretagne: Les algues vertes beaucoup moins présentes sur les côtes