Bretagne: Menacés d’extinction, les hérissons ont désormais leur hôtel restaurant

ENVIRONNEMENT A deux pas de Rennes, les Jardins de Brocéliande viennent de devenir un site d’accueil privilégié…

Camille Allain

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Un bébé hérisson dans les mains d'un soigneur, ici aux Jardins de Brocéliande, à Bréal-sous-Montfort, près de Rennes.
Un bébé hérisson dans les mains d'un soigneur, ici aux Jardins de Brocéliande, à Bréal-sous-Montfort, près de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Situés à deux pas de Rennes, les Jardins de Brocéliande sont un véritable paradis pour hérissons. Ils ont accueilli leurs premiers locataires mercredi.
  • C’est l’association Boules Epiques qui les prend en charge quand ils sont blessés, avant de les relâcher dans la nature.
  • Les hérissons sont menacés d’extinction. Certains scientifiques estiment qu’ils auront disparu d’Europe d’ici 2025. Les voitures et les pesticides les massacrent.
  • Les propriétaires de terrains acceptant de recevoir ces animaux peuvent prendre contact avec l’association.

Vingt-quatre hectares de verdure, des arbres partout et aucune voiture. Situés à Bréal-sous-Montfort, à deux pas de Rennes, les Jardins de Brocéliande sont un véritable paradis pour hérissons. Mercredi, ils ont accueilli Champion et Lady Oscar, deux rescapés sauvés d’une mort certaine par l’association Boules Epiques.

Fondée il y a un an par une vétérinaire de Janzé (Ille-et-Vilaine), l’association tente avec ses petits moyens de lutter contre la chute vertigineuse du nombre de hérissons dans la région. « Les plus pessimistes estiment que le hérisson aura disparu d’Europe d’ici 2025, d’autres parlent de 2030. C’est une espèce en grand danger d’extinction », prévient Nathalie Piré, la vétérinaire de Boules Epiques.

Le dernier recensement de l’espèce, mené en Grande-Bretagne, avait montré l’ampleur du désastre. De 30 millions d’individus, le royaume britannique n’en comptait plus qu’un million et demi une décennie plus tard. Les raisons de ce massacre sont naturellement à chercher du côté de l’activité humaine. « Vingt-cinq pour cent sont tués sur les routes, 25 % par les pesticides et environ 10 % par les activités de jardinage », détaille la vétérinaire. Les maladies et le faible rythme de reproduction du petit mammifère s’occupent du reste.

« Le Airbnb du hérisson »

Pour tenter d’endiguer le phénomène, l’association cherche chaque jour des terrains susceptibles d’accueillir les animaux qu’elle soigne à l’année. « Nous devenons un peu le Airbnb du hérisson », plaisante Gérard Breillot, directeur de l’association des Jardins de Brocéliande. Son site devient le plus grand site de relâcher de Bretagne, sous le contrôle de la préfecture (garder des animaux sauvages est interdit).

Des hérissons, ici aux Jardins de Brocéliande, à Bréal-sous-Montfort, près de Rennes.
Des hérissons, ici aux Jardins de Brocéliande, à Bréal-sous-Montfort, près de Rennes. - C. Allain / 20 Minutes

Régulièrement, ses terres garanties sans pesticides accueilleront de nouveaux locataires piquants. Vivant la nuit, ils ne croiseront que très rarement les 110.000 visiteurs qui viennent chaque année profiter des sentiers d’éveil et des parcours des sens. « Nous allons installer des panneaux pour sensibiliser les gens, les alerter sur les bonnes pratiques », poursuit le directeur.

Que faire quand on trouve un hérisson ?

Les habitants d’Ille-et-Vilaine ayant trouvé un hérisson blessé sont invités à contacter l’association Boules Epiques. « C’est un animal qui ne s’imprègne pas de l’homme. Même les bébés biberonnés retrouvent l’état sauvage en quelques jours », précise Nathalie Piré.