Des entreprises s'engagent à réduire la pêche au krill en Antarctique

ECOSYSTEME Cinq grands acteurs de la pêche au krill, minuscule crustacé, ont accepté de cesser leurs prélèvements dans de vastes secteurs de l’océan Antarctique. Une décision saluée ce mardi par de nombreux défenseurs de l’environnement…

Jeremy Vial

— 

Les krills,  de minuscules crustacés qui forment le pilier de l'écosystème en Antarctique.
Les krills, de minuscules crustacés qui forment le pilier de l'écosystème en Antarctique. — Ardea / Mary Evans / Sipa

Le krill bientôt plus tranquille. Ce mardi, cinq grandes entreprises de pêche, rassemblées dans l’Association des pêcheurs responsables de krill (ARK), de Norvège, du Chili, de la Corée du Sud et de la Chine, ont décidé de stopper la pêche au krill dans des zones côtières sensibles, en Antarctique. Ces petites crevettes composent l’alimentation de base des baleines, des manchots, des baleines, des oiseaux marins, des phoques, et d’autres espèces marines qui vivent en Antarctique. Mais depuis plusieurs années, les essaims de krill sont victimes du changement climatique, de la surpêche, avec des conséquences potentiellement dévastatrices mais aussi de l’attrait de l’homme pour son huile, qui représente un complément alimentaire en vogue.

Cette initiative de l’ARK, qui représente 85 % de l’industrie de la pêche au krill de l’Antarctique, a été saluée par les écologistes. « Il s’agit d’une réponse courageuse et progressiste de la part de ces entreprises et nous espérons qu’elles seront imitées par le reste de l’industrie, a déclaré Phil Vine, porte-parole de l’ONG Greenpeace. L’élan pour protéger les eaux de l’Antarctique et la faune sauvage fait boule de neige ». Pour autant, la question de la protection de krill en Antarctique est un sujet latent, où les projets tardent à se mettre en œuvre.

Les lents progrès sur la protection des krills

Ainsi, depuis 2009, les Etats membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) discutent de la création d’aires maritimes protégées (AMP) dans l’océan Antarctique. Jusqu’à ce jour, les progrès sont lents. L’année dernière, la France et l’Australie avaient présenté un projet de création d’un sanctuaire dans l’est de l’Antarctique sur une surface d’environ un million de kilomètres carrés avait échoué. En vain. La Russie et la Chine sont considérées comme les principaux obstacles en raison de leurs préoccupations concernant les droits de pêche.

Cependant, en 2016, un consensus avait été trouvé pour la création d’un sanctuaire en mer de Ross, baie profonde de l’océan Antarctique bordant le continent Antarctique. Ce projet, défendu par la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis, concernait une zone de plus de 1,55 million de kilomètres carrés.