Un poisson pêché sur trois n'arrive pas dans nos assiettes

Gaspillage Un rapport biannuel de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publié lundi, dresse un constat inquiétant de la pêche de poissons à travers le monde, qui engendrerait gaspillage et pollution.

Jeremy Vial

— 

Le goujon asiatique est un petit poisson dont les dégâts sont très importants
Le goujon asiatique est un petit poisson dont les dégâts sont très importants — Rodolphe Gozlan / IRD

Le gaspillage se prend dans les filets de la pêche mondiale. Dans un rapport biannuel rendu public lundi, l'Organisation des Nations unies (FAO) pour l’alimentation et l’agriculture dresse un constat alarmant sur l’état de la pêche à l’échelle mondiale. Ainsi, un tiers des poissons pêchés n’arriverait pas dans nos assiettes (35% des prises mondiales sont gaspillées), alors que le niveau de production de ces derniers a atteint un niveau record. Sans compter que leur consommation devrait augmenter considérablement dans les prochaines années.

La surpêche est le fléau majeur qui explique ce gaspillage. Le rapport avance un chiffre : 171 millions. Soit le nombre de tonnes de poissons issus de l’aquaculture et de la pêche marine et en eau douce, ce qui constitue un record dans la production halieutique. Cette quantité croissante est liée notamment au développement de la pisciculture chinoise. 

Les poissons peuvent être relâchés en mer du fait de leur aspect (petite taille, espèce indésirable…) ou pourrir avant de parvenir sur les étals, du fait d’une mauvaise gestion de la réfrigération.

La consommation augmente, le climat change

Et les perspectives du FAO ne sont pas à l'optimisme. Ainsi, il est prévu que d’ici à 2030, la consommation de poissons devrait augmenter de 20 %. Et ce sont les fermes piscicoles qui devraient continuer à se multiplier afin d'assurer la cadence. Non sans conséquence. Aujourd'hui, la surpêche record enregistrée touche particulièrement certaines régions du globe. Ainsi, deux tiers des espèces sont surexploitées en Méditerranée, en mer Noire ou encore dans le Pacifique Sud-Est. Enfin, le rapport indique que le changement climatique chassera les poissons des eaux tropicales chaudes vers des régions plus tempérées.

A lire aussi : «En Europe, 90% des stocks de poissons sont surexploités»